Reine de frelon asiatique : 0. Isabelle : 1. Non mais…

Cavan images

Tout ce qui va suivre a eu lieu ! C’est la vérité vraie : de la découverte d’un nid en construction par une reine de frelon asiatique (Vespa velutina) dans notre abri de jardin jusqu’à la dissection du nid congelé. Entre-temps, quelques aventures… et une escroquerie !

C’est quoi cette balle au plafond ?

Juin dernier. Il fait chaud, très chaud et je laisse donc ouverte la porte de l’abri de jardin. Quelques jours plus tard, en goguette dans ma jungle, en train d’inspecter comment se portent le fenouil d’ornement, l’hydrangéa à feuilles de chêne et le pointement des feuilles de crocosmia, j’entends un gros gros bruit d’ailes. La bête me frôle, je sursaute. Bon, ça doit être un coléoptère qui a choisi de me raser l’oreille. 30 secondes plus tard, rebelote. Là, je tourne la tête et vois une grosse bestiole rentrer dans l’abri. Je me méfie des guêpes, des frelons…

Je rentre dans l’abri de jardin et là, pas d’araignée au plafond, mais une espèce de balle de tennis de couleur beigasse. Ça fait tilt. Tout de suite. Un nid primaire de frelon asiatique. Panique à bâbord. Je ferme la porte en me disant que cette saloperie ne pourra pas sortir. Tu parles. La porte n’étant pas hermétique, elle finit par trouver l’ouverture. Beurk. Il va falloir agir. N’écoutant que mon maigre courage… je me carapate, le temps de trouver le moyen de zigouiller l’affreuse squatteuse.

©Isabelle Morand
©Isabelle Morand

Tu vas voir ce que tu vas prendre, reine de frelon asiatique !

Derechef, je file voir Didier (“mon moitié”, parce que je ne vois pas pourquoi on est obligé d’écrire ma moitié…). Il prend une décision rapide et motivée

Lui : On va l’exterminer cette saleté.

Moi : Ben oui, mais comment ???

Lui : Je file chez Machin chercher du matos ?

Moi : Mais on trouve jamais rien chez eux…

Lui : T’inquiète, je vais trouver !

Moi : mais tu sais bien qu’on n’a jamais utilisé de saloperie de produit dans le jardin depuis 20 ans !!!

Lui : Je sais, mais là, c’est un cas de force majeure !

Je laisse faire l’homme qui enfourche son fier destrier (un scooter parce qu’on n’a pas un terrain assez grand pour avoir un canasson, même un poney nain, et puis moi je préfère les chèvres et les chiens).

Le retour victorieux du chasseur

Ça y est. Le scooter est rentré dans le garage et mon moitié sort de sa besace de chasse un pschitt très coloré. Ça va barder pour toi la reine ! Sur le bidon qui fait pschitt, est écrit en grosses lettres : “Spécial guêpes, frelons ET FRELONS ASIATIQUES”. Je suis un peu étonnée, ayant ouï à plusieurs reprises que ce genre de produits était à peu près aussi efficace contre les frelons asiatiques qu’un cataplasme sur une jambe de bois. Peu importe : mon moitié a couru la campagne (non la banlieue) pour trouver un produit miracle. C’est mon héros et il va, tel un chevalier d’antan, débarrasser l’abri de jardin de sa vilaine occupante.

Opération zigouillage

Ni une, ni deux, mon moitié et moi ouvrons la porte de l’abri de jardin. Didier s’approche à 1 m du nid primaire et balance le poison. La reine frelon asiatique sort le bout de ses antennes avant de les rentrer bien précipitamment. Mon moitié tousse un peu, pas moi, j’ai mis un masque (pas folle, la guêpe !). On referme vite vite la porte.

Le compte à rebours est entamé. On va laisser agir 48 heures le produit et puis on ira décrocher le nid.

Je veux le conserver pour faire une dissection : est-il fin ? Y a-t-il des alvéoles ? Sont-elles déjà occupées ? Est-ce que la reine de frelon asiatique s’est maquillée ? Quel parfum porte-t-elle ? Combien chausse-t-elle en Louboutin ? (ben oui, ça c’est pour Tik Tok, il faut aujourd’hui satisfaire tous les publics).

48 heures plus tard…. C’est la cata !

Mon moitié avait mis une alarme sur son téléphone. À 18 h pétantes, nous voilà partis vers l’abri de jardin. Étant d’un naturel méfiant, nous nous sommes armés jusqu’aux dents (une spatule de maçonnerie et un tupperware pour récupérer l’objet de ma future dissection).

La porte grince (ça, c’est habituel, l’abri est hanté, tout le monde le sait dans la famille). Mon moitié s’occupe de la récupération de la balle de tennis. Il glisse la spatule au-dessus du nid quand soudain…

Soudain, la reine de frelon asiatique, plus vivante que jamais, sort… Et c’est là qu’on se dit que les tupperwares ont une utilité. Vite, mon héros fait tomber le nid et sa reine, avant de refermer la boîte.

Donc, les produits insecticides qui promettent une action “même contre les frelons asiatiques” sont une fumisterie doublée d’une escroquerie. Coût du produit : 20 balles.

Congélo et dissection

Pour être sûr de faire mourir le machin, il suffit de le mettre au congélo (comme les coccinelles asiatiques). Chose faite après avoir filmé la bestiole dans son Tup. Immédiatement, la boîte trouve parfaitement sa place entre une jardinière aux petits lardons et des crevettes grises.

L’opération dissection a lieu fin septembre en présence de témoins certifiés, Sylvia de A. et François C.  Sylvia et moi avons besoin de toute notre dextérité (nos moitiés ont juste donné leur avis) pour sortir le cocon sans l’abimer. Raté ! Mais c’est l’occasion de découvrir que la matière du nid est fine et douce, et que la reine de frelon asiatique a déjà bricolé des alvéoles dont certaines sont habitées. On a bien passé 20 minutes à tout observer avant de se siffler le mojito de la victoire.

Y’a peut-être plus simple pour zigouiller une reine, mais pour le moment on n’a rien trouvé de mieux !

Faites gaffe quand même avant de faire la même chose que nous. Nous n’avons pas été piqués et ça, c’est du bol.

 

©Sylvia
©Sylvia
©Sylvia
©Sylvia

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