Volubilis trop volubile !!!

Emily_M_Wilson

Dans mon nouveau jardin, j’ai un ennemi principal, la salsepareille, et un autre qui gagne des points dans le peloton des mal aimés. J’ai nommé le volubilis (Ipomoea purpurea). Je peux comprendre qu’il fasse rêver au nord, mais, au sud, croyez-moi, c’est une archipeste.

Une tropicale sans-gêne

Je sais bien que ce n’est pas de sa faute si je le déteste. Si personne n’avait eu l’idée de lui faire quitter ses habitats tropicaux, on n’en serait pas là, lui et moi. Parce que Monsieur le volubilis importé pour couvrir murs, façades, pergolas dans les jardins du sud, s’est trouvé ici tout à son aise. La chaleur ? Y’en a ! La pluie ? Y’en a pas trop, mais il se débrouille plutôt bien sans. Résultat : au lieu de fleurir gentiment tout support qui lui est offert, le volubilis envahit tout, même – et surtout – les autres plantes.

©Esin Deniz
©Esin Deniz

Ça va barder…

Face à un enchevêtrement de lianes (Duranta erecta, Campsis, jasmin…) elles-même ficelées façon momie égyptienne par des kilomètres de tiges d’Ipomoea purpurea, que faire ? D’autant que la scène se passe sur un petit promontoire de terre à 6 mètres au-dessus de la route. 

La guerre n’est pas gagnée quand on voit le gros bazar de loin. De près, c’est encore pire. Et arpenter le bout de terrain, c’est comme marcher dans un nid d’élastiques ! Les tiges du volubilis sont immenses, elles rampent, escaladent et il est facile de se mettre les pieds dedans (ce qui n’est pas conseillé pour ne pas jouer à Spiderman à contrecœur).

Volubilis 0 – Isa 1

Je peux vous dire que j’ai passé des heures et des heures à débusquer les tiges. Et craché, juré, je les ai entourées autour de mon bras comme un fil électrique tellement elles étaient longues. Ces bons sangs de tiges mesurent jusqu’à 5 ou 6 mètres. Il a fallu que je débusque le pied principal pour le comprendre. Le coupable est au coin d’un mur. Une espèce d’énorme pieuvre aux mille tentacules en jaillit.

Bingo, me dis-je ! Je saisis chaque élastique, le déterre, le piste jusqu’à son extrémité, l’arrache. Pas facile, ça part dans toutes les directions, ça rampe, ça grimpe, mais je m’obstine. Quelques jours plus tard, je pense être arrivée à bout de l’immonde volubilis. Je coupe à ras la souche et je me fais un malin plaisir de lui écrabouiller le pied avec de gros cailloux.

Isa 0 – Volubilis 1

Las… Quelques semaines plus tard, inspection du chantier. Et là, mon orgueil en prend un coup. Si le volubilis n’a pas eu le temps de tout réenvahir, il est reparti à l’attaque et pas qu’un peu. Un polygala est proche de l’asphyxie.

Sergio Canovas
Sergio Canovas

Un beau pied de fenouil d’ornement semble ligoté et deux lauriers-roses sont en passe d’être étranglés. La rage me reprend, j’élimine, je coupe, je tire, j’enroule, je peste, je grogne.

La nuit tombe, j’ai à mes pieds des kilomètres d’élastiques… avec de temps à autre des fleurs violettes fanées. Allez, je m’y remettrai demain… 

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