Les pulmonaires, bijoux d’hiver

Tony Baggett

Ces petites plantes vivaces sont précieuses et méritent d’être plus connues. Elles fleurissent en fin d’hiver et début de printemps et attirent les pollinisateurs. Installez des pulmonaires à ombre ou à mi-ombre avec les conseils de Pierre Lavalée qui cultive la Collection Nationale de pulmonaires, dans sa pépinière-jardin du Beau Pays, dans le Pas-de-Calais. 

Pierre Lavalée - Hortus Focus
©Isabelle Morand

Hortus Focus : quelle est l’origine géographique des pulmonaires ?

Pierre Lavalée : elles sont originaires d’Europe du Nord. On trouve les pulmonaires en Russie jusqu’au lac Baïkal. Elles sont donc très résistantes au froid.

Qui a eu l’idée saugrenue de leur donner un nom aussi moche ?

Je ne sais pas ! Mais pour comprendre l’origine de leur nom, il faut remonter au Moyen-âge et à la théorie des signatures, à la Renaissance aussi et au médecin et philosophe suisse Paracelse. Selon cette théorie, l’apparence des végétaux était censée révéler leur usage et leur fonction. Si vous regardez les graines d’un Echium vulgare, vous lui trouverez peut-être une lointaine ressemblance avec la tête d’une vipère. Cet Echium est appelé d’ailleurs vipérine, car on l’utilisait pour soigner les morsures de serpent. Quant à la pulmonaire, la disposition des feuilles faisait penser à un cœur flanqué de poumons malades et sa racine était utilisée pour son pouvoir expectorant… Le nom lui est resté, même si c’est vrai qu’il n’est pas bien beau pour de si jolies plantes.

Quelles ont les raisons de ton intérêt pour les pulmonaires ?

Ces plantes vivaces fleurissent tôt en saison. On a des fleurs à partir de février et jusqu’à la mi-mai. Elles n’ont pas besoin de soleil pour fleurir. De plus, elles sont mellifères, une aubaine pour les pollinisateurs, notamment les bourdons, qui sortent de leur longue période d’hibernation. J’aime beaucoup la diversité du feuillage, uni ou moucheté, clair ou foncé. Enfin, elles n’intéressent ni les escargots ni les limaces grâce à leur feuillage velu. 

©Tina Andreassen
©Tina Andreassen

Quels sont tes conseils pour bien les cultiver ?

Il faut reproduire le milieu dans lequel elles poussent à l’état naturel : une situation à ombre ou à mi-ombre, un sous-bois c’est parfait. Les pulmonaires se plaisent dans une terre un peu humifère, avec de la matière organique. Elles ne se plairont pas dans une terre trop légère. Elles apprécient aussi un petit peu de calcaire. Si elles trouvent le terrain à leur goût, elles vont s’étaler lentement mais sûrement et peuvent également se ressemer.

Peut-on les cultiver les pulmonaires en pot ?

Je ne le conseille pas. Elles épuisent rapidement le substrat. Mieux vaut les réserver à une culture en pleine terre. 

'Shrimp on the barbie' ©Isabelle Morand
'Shrimp on the barbie' ©Isabelle Morand

À découvrir : ‘Shrimps on the Barbie’

Longue floraison printanière. les fleurs sont rose saumoné (en anglais, shrimp signifie crevette). Comme toutes ses copines, elle a besoin d’un sol humifère pour prospérer lentement mais sûrement. Dim. 25 x 60 cm.

Quelques valeurs sûres chez les pulmonaires

Mrs Moon’ : feuillage vert pâle orné de petits points, fleur rose puis bleue.

‘Raspberry Splash’ : feuillage à larges macules argentées, fleur couleur coulis de framboise !

‘Bertram Anderson : petites feuilles décorées de pointillés, fleur couleur bleu vif. 

‘Diane Clare’ : feuillage très, très pâle, fleur bleu-violet. 

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