Connaissez-vous la théorie des signatures ? Elle repose sur une croyance : l’apparence des plantes indique l’usage que l’on peut en faire pour soigner le corps.
En résumé
Dans le journal de Botanique (1999), Renée Claisse et Bruno de Foucault : « L’idée selon laquelle la nature est un livre où l’être créateur a déposé des signes à l’usage de sa créature fut à l’origine de la théorie des signatures. »
Quand est née cette théorie des signatures ?
Elle remonte à l’Antiquité, mais s’est pleinement exprimée dans l’Occident médiéval et pendant la Renaissance, notamment sous la plume du médecin suisse Paracelse qui la formalise ainsi : « les semblables soignent les semblables » (Similia similibus curatur). À partir du XVIIe siècle, cette théorie est contestée avant de finir aux oubliettes pendant le siècle des Lumières.
La pulmonaire et les poumons
C’est l’un des exemples les plus connus de la théorie des signatures. Le feuillage tacheté de cette plante vivace (Pulmonaria officinalis) faisait penser à la forme des alvéoles pulmonaires. Elle était donc utilisée pour soigner les affections respiratoires.

La noix et le cerveau
Effectivement, si l’on observe les deux hémisphères du cerveau, la ressemblance avec les cerneaux de noix (Jugla) est parlante. Selon la théorie des signatures, la noix était donc à conseiller pour réguler le sommeil, soigner la dépression, réguler l’humeur.

La vipérine contre le venin
Avec sa tige tachetée et la forme en V de ses graines qui rappellent une tête de vipère, la vipérine (Echium) était prescrite contre les piqûres de ce serpent. Efficacité jamais prouvée, peut-on rappeler.
L’hépatique pour le foie
Les feuilles de l’hépatique (Hepatica nobilis) ressemblent aux lobes du foie et leur revers a quelque peu la couleur de cet organe. D’où leur consommation recommandée aux personnes souffrant de maladies hépatiques.
D’autres exemples de la théorie des signatures
- Le coqueret du Pérou et la vessie. Les fruits du Physalis alkekengi ressemblent à la vessie et l’on pensait alors qu’ils avaient des vertus diurétiques.
- Le haricot et le rein. La ressemblance est évidente et donc le haricot était susceptible de soigner les atteintes rénales.
- La prêle dont la tige ressemble à une colonne vertébrale pour les maux de dos.
- La capsule de graines du pavot ferait du bien à la tête.
- Les cavités d’une tomate coupée en deux : le cœur.
- Le rhizome du gingembre : l’estomac.
- La carotte et l’iris de l’œil. Manger de la carotte était censé améliorer la vue, et son suc soigner la jaunisse.
- L’écorce du bouleau fait penser à notre peau et la sève purifierait l’organisme (très en vogue depuis quelque temps)…


