Petites histoires à la noix de coco

Kateryna Bibro

En Polynésie, on a coutume de dire que les noix de coco ne tombent que sur la tête des imbéciles. Savez-vous pourquoi ? Quel navigateur a-t-il le premier découvert ce palmier et ses fruits ? Est-il vrai que seul un crabe est capable de casser les noix ? On vous dit tout…

Pour bien commencer, un proverbe africain

Celui qui avale une noix de coco entière fait confiance à son anus

©libin jose
©libin jose

Un arbre ou un palmier ?

C’est un palmier (Coco nucifera) qui, comme les autres, développe un stipe qui peut atteindre 30 m de haut. Il a besoin d’humidité pour se développer. Ses racines pompent dans les remontées d’eau souterraine ou sirotent l’eau de pluie qui s’accumule dans des mares. 

Les noix de coco choisissent-elles vraiment leurs victimes ?

Ça paraît difficile… même si elles ont des « yeux », ces trois petites taches sombres situées à la base du fruit. Chaque année, quelques crânes sont fracturés par une chute. Elles tombent donc souvent sur la tête d’imbéciles ou plutôt d’inconscients, car il faut tout de même être un peu neuneu pour faire la sieste sous un cocotier porteur de fruits, non ?

©Mira Makkoen
©Mira Makkoen
©bwzenith
©bwzenith

Qui a découvert la noix de coco ?

Marco Polo ! À la fin du XIIIe ou au début du XIVe, le navigateur vénitien découvre le cocotier et des fruits qu’il surnomment « noix de pharaon ». Pharaon, pharaon… Il aurait donc découvert le palmier en Égypte ! D’autres sources indiquent une découverte en Asie du Sud-est… Marco Polo, si on suit ses cartes de voyages, n’est jamais passé en Égypte. Allez comprendre… Il reste qu’il faut attendre deux siècles pour que la noix de pharaon, oups ! la noix de coco soit connue en Europe. Le premier spécimen est présenté en France en 1674. 

Noix de coco et monoï, le couple parfait ?

Ouiiiiiiiiiiii ! Sans noix de coco, pas de monoï ! Le monoï est obtenu par la macération de fleurs de tiaré dans de « l’huile de coprah raffinée, extraite de noix de coco récoltées  dans l’aire géographique de Polynésie française au stade de noix mûres, sur des sols d’origine corallienne. Ces noix doivent provenir du cocotier et les fleurs de tiaré de l’espèce végétale Gardena tahitensis d’origine polynésienne récoltées au stade de bouton. ». Si vous utilisez du monoï, sachez qu’elle est parfaite pour entretenir et embellir vos cheveux. En revanche, si vous espérez bronzer avec, oubliez ! Vous pourriez plutôt hériter de belles cloques ! 

D’où vient l’expression « secouer le cocotier ? »

Là, c’est un peu horrible, on s’accroche ? Si on est logique, secouer le cocotier permettrait de faire tomber les fruits pour les récolter, fastoche ! Eh bien non, il s’agirait d’une façon de faire une place aux jeunes sur certaines îles polynésiennes…  Mais de quelle façon ! L’histoire (la légende ?) dit que les personnes âgées étaient invitées à grimper au sommet d’un cocotier, secoué par les jeunes. Les plus faibles d’entre eux tombaient bien évidemment, les autres ayant la vieillesse sauvée… 

Mon p’tit coco ? 

L’expression ne vient pas d’un quelconque cocotier… mais plutôt du coq (Cocorico !)

©Patrick Bouvier
©Patrick Bouvier

Tu les as vues mes grosses pinces ?

Alors que nous sommes obligés d’utiliser une machette, un coupe-coupe, un pieu pour ouvrir une noix de coco, la nature a pourvu Birgus latro des armes indispensables à la découpe du fruit. Le crabe de cocotier est un sacré bonhomme, qui peut peser – en moyenne – 4 kg mais dont les pinces extraordinairement puissantes peuvent casser puis déchiqueter des « proies » de 28 kilos. Autant dire que les noix de coco font moins leurs fiérotes quand les bestioles débarquent et grimpent sur leur stipe ! Heureusement, la noix de coco ne constitue pas l’aliment essentiel de ces crabes. Les bananes, les pandanus, les œufs de tortue, les poissons morts (beurk) figurent aussi à leur menu. 

Pour terminer, on ne peut qu’être d’accord avec Dustin Hoffman

Les deux accessoires indispensables à la vie sont le soleil et le lait de coco.

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