Une filière… sauvage !

le jardin est la recette
le jardin est la recette

Bénédicte Gory et Amélie Carrillo ont eu une idée folle : transformer les « mauvaises herbes » de nos jardins en délices comestibles. Leur projet, Le jardin e(s)t la recette, crée une filière dédiée aux plantes sauvages. Rencontre avec des pionnières qui changent notre regard sur la nature par leur amour des plantes.

C’est dans son jardin que tout a basculé pour Bénédicte, 45 ans. Après des années passées dans l’industrie cosmétique d’un groupe du CAC 40, elle étouffait. « Je n’en pouvais plus, ce travail m’apparaissait complètement hors sol », confie-t-elle. Son refuge ? La terre, les plantes, le vivant. « Je ne connaissais rien au jardinage. Et l’étonnement a débouché sur l’éblouissement. »

Le déclic de l’ortie

Un jour, en observant les orties qui envahissaient son terrain, une évidence s’impose : « Il m’a semblé tellement absurde d’importer des produits du bout du monde alors qu’on a des trésors ici, sous nos pieds. » Elle veut vendre ses préparations d’orties. Problème : impossible de le faire légalement sans structure adaptée. Qu’à cela ne tienne ! Avec Amélie Carrillo, elle crée Le jardin e(s)t la recette.
Leur mission ? Transformer notre regard sur ces plantes que l’on arrache sans réfléchir. Exit les « mauvaises herbes », place aux « plantes sauvages comestibles ». Et surtout, faire en sorte qu’on les aime !

ortie - Hortus Focus
©robertprzybysz

Un réseau de jardiniers engagés

Le concept est aussi simple qu’ambitieux : rassembler des jardinières et jardiniers passionnés, de tous horizons, tous âges, toutes professions. Le point commun ? Leur engagement pour la nature et la biodiversité. « Ces jardiniers-là savent à quel point leur rôle est de constituer des berceaux de biodiversité », explique Bénédicte.
L’objectif va au-delà de la simple récolte. Il s’agit aussi d’accompagner ceux qui rêvent de reconversion vers des métiers paysans. « Ce sont des métiers dont nous aurons de plus en plus besoin pour contribuer à la résilience alimentaire et la régénération de la biodiversité. »

Bénédicte Gory et Amélie Carillo
Bénédicte Gory et Amélie Carillo

Un cahier des charges exigeant

Pas question de faire n’importe quoi. Les adhérents suivent un cahier des charges strict, calqué sur le label bio Nature et Progrès : pratiques agroécologiques, jardins sélectionnés à distance de toute pollution. Ils récoltent, préparent leurs plantes sauvages, puis les vendent à la structure qui les transforme en préparations alimentaires.
La distribution ? En circuit court et bio uniquement, auprès de partenaires engagés. « Plus il y a d’intermédiaires, plus on cumule des marges et moins le producteur est rémunéré. Nous travaillons donc en direct », insiste Bénédicte.

Le succès au rendez-vous

Aujourd’hui, la filière prend racine. Le processus est bien rodé : « On trouve les jardins, puis les distributeurs. Puis on laisse des jardiniers sur liste d’attente, le temps de trouver de nouveaux distributeurs ! » Un cercle vertueux qui ne cesse de s’agrandir.
Le pari de Bénédicte et Amélie est en train de réussir : prouver que nos jardins regorgent de richesses insoupçonnées. Et que les orties méritent bien mieux que notre mépris. Elles méritent d’être au menu.

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