Lové sur des terrasses ensoleillées du village médiéval de Cordes, dans le Tarn, il se décline en 12 petits jardins exotiques, gourmands, d’inspiration orientale. Depuis un an, le Jardin des Paradis retrouve une nouvelle vie grâce à Cécile Troux. 

 

Hortus Focus. Quand et par qui a été créé ce jardin ?

Cécile Troux

Cécile Troux. Ce sont les architectes paysagistes Eric Ossart et Arnaud Maurières qui l’ont fait naître en 1998 et tenu pendant 4 ans. Puis la municipalité de Cordes à laquelle appartient le jardin a confié sa gestion à une association de passionnés de jardin qui s’en est occupé pendant une quinzaine d’années avant de jeter l’éponge en 2015. 

Comment êtes-vous arrivée jusqu’au Jardin des Paradis ?

J’ai appris, par l’intermédiaire des Incroyables Comestibles d’Albi, que la mairie de Cordes cherchait un repreneur. Ce jardin, je le connaissais bien, j’y venais au moins une fois par an. J’ai été paysagiste, pépiniériste, organisatrice de conférences et d’atelier jardin chez moi, à Lescure d’Albigeois. Je n’ai pas réfléchi trop longtemps. Je me suis proposée pour la reprise.

 

Comment se sont passées votre arrivée et la remise en route du jardin ?

Le Jardin des paradis

©Isabelle Morand

L’année dernière, quand j’ai eu les clés, j’ai commencé par observer. Beaucoup. Les structures, les espèces plantées, ce qu’il fallait entretenir dans l’urgence, les transformations à effectuer et envisager la façon d’apporter ma touche personnelle aussi ! 2016 a été une année très remplie. Heureusement, famille et amis sont venus m’aider ; toute seule, la tache aurait été impossible. L’enclos persan, par exemple, était envahi par les anémones du Japon, des miscanthus et d’autres graminées. C’était devenu un vrai fouillis ! Impossible ou presque d’accéder aux saules tressés qu’il faut tailler tous les 15 jours en été. Il a fallu arracher, décaisser, poser un géotextile, faire venir des galets pour en faire un jardin sec où j’ai planté une collection de grenadiers. J’ai également voulu enlever les tessons de terre cuite qui servaient de sol dans une allée et obligeaient les visiteurs à garder le nez sur leurs pieds pour ne pas trébucher. Évacuer ces tessons était bien compliqué, je les donc rassemblés non loin des bassins et aménagé un jardin de pots dessus. 

Vous arrivez à vous en sortir toute seule ?

C’est difficile ! L’an dernier, j’ai fait appel à une wwoofeuse (pour des infos, cliquez ici WWOOF), je vais recommencer cette année. Cette année, je fais également travailler un stagiaire six semaines. C’est un énorme travail que d’entretenir ce jardin. Sa configuration ne simplifie pas les choses. Le lieu du compostage, par exemple, se situe au bout d’une terrasse au milieu du jardin. Inaccessible avec une brouette à cause des marches. Le soir, j’aimerais bien dévisser mes bras et les poser à côté de moi !

Jardin des Paradis

La descente des seaux ©Isabelle Morand

Comment gérez-vous l’eau, partout présente ?

Le jardin bénéficie du réseau de la ville qui alimente la Fontaine aux buis, une nouveauté, et la fameuse descente des seaux, l’emblème du jardin. Pour les bassins, je peux aussi compter sur un puits. 

Vous êtes une spécialiste des fruitiers originaux ou d’arbustes mal connus. Qu’avez-vous planté ici ?

J’ai installé des poivriers, notamment du poivre Timut (Zanthoxylum armatum) qui développe en fin de bouche des notes d’agrumes. D’ailleurs, on l’appelle le poivre pamplemousse ! On peut en consommer le jeune feuillage, seulement le jeune car plus vieux, il est pourvu d’épines. Souvent, je le hache et je l’ajoute en fin de cuisson. J’ai planté des poivriers du Sichuan (Zanthoxyllum piperitum), ce sont des arbustes autofertiles qui peuvent produire des baies au bout de deux ans seulement. Et j’ai planté de nombreuses autres espèces : feijoa, yuzu, asiminier, amélanchier, pawpaw…

Et que trouve t-on dans le potager ?

Le jardin des paradis

Le potager ©Isabelle Morand

Des légumes classiques : tomates, courgettes etc… J’ai voulu les accompagner de dahlias cette année mais le froid et les limaces ont ruiné mes plantations. J’ai aussi installé un potager aquatique. On y trouve notamment du riz et deux acorus comestibles. Non loin, les enfants se servent en fraises. J’ai quand même réussi à faire quelques pots de confitures !

Vous avez ouvert une Buvette gourmande. Est-elle réservée aux visiteurs du jardin ?

Non, chacun peut y venir. Seule l’entrée du jardin est payante. À la buvette, j’ai à cœur de faire connaître ces fruits insolites, goûteux que je cultive chez moi à Lescure d’Albigeois. Si vous voulez découvrir le yuzu confit, la glace au poivre du Sichuan, arrêtez-vous au Jardin des Paradis !

Pour les infos pratiques (jours et horaires d’ouverture, tarifs…), c’est PAR ICI !

 

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