Les fabuleuses cités végétales de Luc Schuiten (2)

 

Luc Schuiten ©AC Labrique

 

Dans le cadre de son exposition à la Saline royale d’Arc-et-Senans, l’architecte et dessinateur Luc Schuiten que nous avons longuement interviewé sur sa démarche dans notre article d’hier, commente 7 de ses oeuvres : cités végétales, panoramas de villes projetées en 2100, modes de transport du futur… Quand l’architecture croise l’écologie et  la science-fiction !

 

 

 

Panoramas et cités végétales

“Ce sont des panoramas de cités existantes qui montrent certaines de nos villes en 2100. Certaines sont restées à peu près intactes, d’autres ont reçu de nouvelles enveloppes pour créer un nouveau contact avec l’extérieur, le climat et le soleil ; elles sont respirantes et vont permettre de mieux se sentir dans un environnement en partie construit et en partie végétal. Une grande partie des toitures sont des promenades vertes.”

Metz en 2167 (détail)

La cité Lotus

“Elle a été réalisée pour un film sur le lotus, qui montre les propriétés étonnantes de cette feuille. Cette dernière avait déjà donné naissance à des travaux remarquables réalisés dans le Cristal Palace à Londres à partir de l’observation des feuilles de lotus qui sont très grandes, résistantes, conduisent l’eau en leur centre et ont des propriétés hydrophobes. Les fleurs elles-mêmes contiennent un ballon qui se gonfle suivant les réserves que la cité a en gaz méthane, gaz qui est produit par la décomposition des déchets organiques et qui sert à apporter de l’énergie aux cités.”

La Cité Lotus ©Arc-et-Senans

La Cité tressée

La Cité tressée

“Comme l’ « habitarbre » des maisons bambous qui peut être réalisé avec ce végétal souple et à la pousse rapide, la cité tressée peut être construite à partir de figuiers étrangleurs (Ficus nymphaeifolia). Elle se situera nécessairement en Amérique du Sud ou en Asie. Ces arbres ont la particularité d’avoir des racines qui se soudent entre elles pour former un maillage excessivement costaud et qui pourrait très bien être la structure de nouvelles formes d’habitation. Les espaces entre les structures seraient refermés par des biotextiles.”

 

 

 

Jardin vertical

Jardins verticaux

“Ce sont des projets d’aménagement d’espaces résiduels en espace végétal pour redonner dans la ville ce qui nous manque le plus : le vivant. Comment peut-on réintroduire le vivant dans ces lieux minéraux désertés, abandonnés, ces coins cassés où personne n’a envie d’aller.”

 

Véhicule utilisé par Luc Schuiten

Chenillard, vélusome, cyclos…

“J’ai imaginé ces différents engins. Avec l’un d’eux, je roule à Bruxelles ; il demande de la force musculaire et électrique. Sa coque est en bois, biosourcé ; elle a absorbé du CO2 au lieu d’en produire. C’est toujours la base de ma réflexion : comment peut-on fonctionner maintenant sans détériorer la planète ni l’environnement ?

Chacun de ces engins a été conçu à partir des notions d’énergie renouvelable (la force musculaire) et de déplacement léger. Plus on est léger, moins on consomme d’énergie et plus on est mobile. La forme est toujours biomimétique, elle s’inspire de la nature. “

 

Venise “underground”

“C’est Venise au siècle prochain… Nous sommes sous la place Saint-Marc. Une énorme dalle de verre a été construite et sous la place, une nouvelle ville a commencé à naître qui vient en dessous des bâtiments existants, les soutient et les maintient hors de leurs problèmes structurels et aquatiques. C’est une ville bioluminescente et archiborescente, c’est-à-dire qu’une grande partie de ses structures sont des organismes vivants qui ont poussé. La lumière vient en grande partie de la dalle, mais à l’intérieur il y a des matières bioluminescentes comme on peut en trouver dans les massifs coralliens qui permettent d’induire une lumière particulière.”

Venise underground, au siècle prochain

La Cité des Vagues

“Je l’ai imaginée pour un futur très lointain, au moins en l’an 10 000. Elle prend les caractéristiques du lieu dans lequel elle s’implante. Une des erreurs considérables de nos architectures, actuellement, est d’être tout à fait mondialisées, elles n’ont aucun lien avec le lieu dans lequel elles s’implantent, elles sont interchangeables donc insipides, inodores, incolores. Elles sont banalisées, réduites à un même commun dénominateur simpliste.

On n’a jamais construit comme cela dans l’histoire de l’humanité. Chaque lieu a donné naissance à une architecture qui est fonction de son climat et de toute une série de choses. Moi,  j’essaie de retrouver les valeurs spécifiques à un lieu. C’est pourquoi la Cité des Vagues trouve son implantation dans un espace balnéaire et elle prend sa géométrie par ses mouvements qu’on trouve aussi bien dans l’eau que dans le sable. C’est à partir de cette sensation et de cette compréhension que j’ai bâti un concept d’habitation biomimétique, complètement intégré à l’environnement.”

La Cité des Vagues

Exposition « Les panoramas de 2100-Luc Schuiten », à la Saline royale d’Arc-et-Senans (Doubs)  jusqu’au 21 octobre. Et aussi : le 18e Festival des jardins “Luc Schuiten coté jardin” (auquel nous consacrerons un article le 27 septembre). Renseignements pratiques :  ICI

Sur place, on pourra: 

-se loger en dortoir (22 €) ou en chambres simples, doubles (113 €) ou triple. 

acheter les deux ouvrages de Luc Schuiten, aux éditions Mardaga, signalés dans notre article d’hier.

-et pour les “fans” (dont nous sommes…) : s’offrir le portfolio et sa vingtaine de Panoramas reproduits sur très beau papier (48 €). 

Toutes les photos illustrant cet article ont été réalisées par commodité et à titre exceptionnel, par Valérie Collet, dans le cadre de l’exposition. Nous remercions vivement Luc Schuiten pour son aimable autorisation.

 

 

 

 

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