La seconde conférence internationale consacrée à la Xylella fastidiosa aura lieu fin octobre à Ajaccio, en Corse. Cette bactérie, dont il existe 25 souches, s’attaque à plus de 300 espèces végétales ornementales et comestibles dans le monde. Mais elle est particulièrement dangereuse pour les oliviers et a déjà décimé les oliveraies des Pouilles en Italie. Sa présence vient d’être confirmée pour la première fois en France sur deux oliviers à Antibes et Menton.

Xylella fastidiosa, tueuse d’oliviers, menace sanitaire

Xylella fastidiosa : oliviers infectés

©Cesare-Palma

C’est une bactérie qui attaque les tissus vasculaires des plantes et empêche la bonne circulation de la sève. Ce qui provoque, chez les oliviers par exemple, le dépérissement des feuilles et des branches. Cette bactérie peut également s’attaquer à la luzerne (Medicago sativa) dont elle provoque le nanisme, et à de nombreuses espèces fruitières comme la vigne (maladie de Pierce), le citron, le kumquat, l’amandier, le pêcher, le caféier.

Quels sont les insectes vecteurs ?

Ce sont les insectes piqueurs-suceurs et ils sont nombreux ! En France, le nombre d’insectes potentiellement vecteurs est établi, en 2016, à une cinquantaine. 

Aux États-Unis, la cicadelle pisseuse (Homalodisca vitripennis) a largement contribué à la transmission de la bactérie dans les vignobles californiens. Les transports ont étendu sa zone d’action à Hawaï, à l’île de Pâques et en Polynésie française. L’introduction d’une micro-guêpe parasite (Gonatocerus triguttatus) a permis de réduire considérablement la population de la cicadelle pisseuse et donc les contaminations en Californie et en Polynésie. 

La bactérie tueuse, son chemin européen

C’est sur un plant de caféier qu’est repérée pour la première fois en France continentale, au marché de Rungis, en avril 2015, la Xylella fastidiosa. Le caféier, en provenance selon toute probabilité d’Amérique centrale, a transité par les Pays-Bas avant d’arriver à Rungis.

Deux ans plus tôt, en 2013, la bactérie est repérée en Italie, là encore sur un plant de caféier venu du Costa Rica et ayant transité par Rotterdam. L’Italie est le pays européen le plus touché et notamment la région des Pouilles où les oliveraies sont littéralement décimées. 

En juillet 2015, des foyers de Xylella fastidiosa multiplex sont repérés sur des oliviers en Corse-du-Sud. Les analyses menées par la DRAAF (Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt de Corse) révèlent qu’il s’agit d’une autre sous-espèce de la bactérie présente en Italie. Cette sous-espèce ne présente pas de menace sur la production des oliviers. 

Depuis 2015, les inspections se multiplient sur tout le territoire et surtout en Corse et en PACA. On recense 49 plantes hôtes de Xylella fastidiosa multiplex parmi lesquelles le polygale à feuilles de myrte (Polygala myrtifolia), le ciste de Montpellier (Cistus monspeliensis), l’immortelle d’Italie (Helichrysum italicum)… 

Novembre 2016 : on découvre trois foyers sur l’île de Majorque sur des cerisiers. Aujourd’hui la contamination gagne Majorque, Minorque et Ibiza.

Juin 2017 : premier foyer de Xylella fastidiosa dans la péninsule ibérique sur un amandier dans la région d’Alicante, ville portuaire au sud-est de l’Espagne. Et en 2018, découverte d’un olivier contaminé par la sous-espèce multiplex dans l’agglomération de Madrid. 

2019, au Portugal : on repère la bactérie dans un parc zoologique au nord du pays. 

L’Italie au banc des accusés

Voilà deux jours, ce jeudi 5 septembre 2019, la Commission de justice de l’Union Européenne rend un arrêt confirmant un constat établi par la Commission européenne. Depuis octobre 2013, date de la première observation de Xylella fastidiosa, l’Italie n’a “pas complètement respecté” la réglementation de l’UE en matière de lutte contre la propagation et notamment les obligations de quarantaine. “Les autorités du pays, selon la Commission, ne prennent pas les mesures appropriées pour éradiquer l’organisme nuisible dans la région des Pouilles et ne parviennent pas à en enrayer la progression.”

Conséquence logique : la bactérie est remontée vers la Toscane. La sous-espèce multiplex a été repérée sur des espèces majoritairement ornementales dans la municipalité de Monte Argentario en Toscane. Et les moyens de transport ont assuré la dissémination ailleurs. 

Quels sont les moyens de prévention et de lutte efficaces ?

En cas de suspicion, des tests doivent être effectués en urgence pour confirmer la présence de la bactérie. En effet, il existe un risque de confusion avec d’autres pathologies comme, par exemple, le stress hydrique qui se manifeste par un dessèchement de feuilles ou de rameaux. Certaines carences se manifestent de la même façon…

Si le résultat des tests est positif,  il n’y a pour l’instant pas d’autre alternative que l’arrachage immédiat des végétaux touchés et la destruction des autres plantes-hôtes présentes aux alentours (rayon de 100 m minimum). Par ailleurs, une zone de surveillance (zone tampon) renforcée des espèces est mise en place dans une zone de 5 kilomètres. 

Il n’existe aucun autre moyen de lutte. Si vous habitez en Corse, en PACA, soyez attentifs à la santé des espèces sensibles présentes dans votre jardin et ailleurs. N’hésitez pas à consulter les sites de la DRAAF PACA  et de la DRAAF de Corse il est interdit d’introduire des végétaux sensibles ou de les faire sortir de l’île. 

 

"Lien

CHERS JARDINIERS,
SAVEZ-VOUS QUE VOUS POUVEZ TROUVER SUR LA BOUTIQUE HORTUS FOCUS DES TRÈS BEAUX OUTILS,
DES FERTILISANTS NATURELS, DES KITS À PLANTER POUR FAIRE DÉCOUVRIR LE JARDIN À VOS AMIS ET 1000 AUTRES CHOSES ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial