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À Sarlat, l’association Compost’ère recycle les déchets des restaurants

compost'ère
DR

Anna, Fanny, Pauline, Magali, Emmanuelle… Elles ont créé l’association Compost’ère à Sarlat-la-Canéda, en Dordogne. Elles collectent les restes alimentaires de 5 restaurants qui alimentent une plate-forme de compostage en centre-ville.

Une association de bonnes volontés

Compost’ère est née d’un ras-le-bol, celui de Fanny : « J’ai fait une formation sur le compostage, puis une autre pour devenir maître-composteur. Cela m’a donné envie d’avancer sur cette problématique des restes alimentaires. J’ai aussi travaillé dans des restaurants et constaté l’ampleur des pertes. J’avais le cœur brisé en voyant les restes rejoindre les poubelles noires dont le contenu part directement pour l’enfouissement ou les usines de retraitement de déchets. »

Début de l’aventure

Pendant le confinement, Fanny réfléchit, parle de ce projet à deux copines et l’association naît très vite en 2020. Elles cherchent d’autres adhérents, contactent des restaurants dans la vieille ville, demandent du soutien à la mairie pour mener à bien leur projet. Emmanuelle, qui a beaucoup bossé dans la restauration où elle était chef de cuisine, Anna (sœur de Fanny) et Magali (sa maman) les rejoignent. « Maman travaille dans le soin à la personne », précise Fanny, « et elle nous a éduquées dans le respect de la nature, elle nous a appris le tri, la réduction des déchets à l’échelle familiale. Elle nous a beaucoup sensibilisées au sujet. »

Les fondatrices sont rejointes en début d’année 2021 par Pauline, qui vient de s’installer en Dordogne : « Je suis arrivée de la Réunion où, pendant plus de dix ans, j’ai aidé des organisateurs de festivals à réduire leurs déchets. J’avais envie de rejoindre une équipe sympa, un beau projet sur un nouveau territoire. »

Quand chacun y met du sien

Fanny qui travaille au Sictom du Périgord noir (Syndicat intercommunal de collecte et de traitement des ordures ménagères) en parle à son directeur Franck Duval. Il appuie le projet auprès des élus de Sarlat-la-Canéda. Compost’ère obtient la mise à disposition d’un terrain en centre-ville, au Pignol, pour créer sa plate-forme de compostage. 

La proximité du centre-ville est un impératif : les collectes s’effectuent à pied, avec de grands seaux. Impossible dans les ruelles du centre-ville historique de faire autrement pour collecter les restes alimentaires dans les restaurants partenaires. Pour Pauline, ce terrain a un autre avantage : « Il est suffisamment grand pour permettre, au-delà de l’activité de compostage, de développer un petit jardin partagé associatif visible de tous les gens qui passent, et des riverains. C’est une belle vitrine pour Compos’tère ! On peut y promouvoir le compostage bien sûr, mais aussi le jardin au naturel.»

L’engagement des restaurants

Compost’ère n’a pas lancé un appel à tous les restaurateurs de la vieille-ville de Sarlat. Les fondatrices de l’association se sont adressé à 5 restaurants qu’elles connaissent bien, avec lesquels elles ont des affinités, et qui produisent beaucoup de restes « frais ». Tous se sont engagés ! « On s’attendait à devoir convaincre. Tous ont dit « oui » tout de suite, emballés par le projet. Et nous, on est ravies d’avoir des restaurants qui produisent des restes différents. Ils ont su s’organiser, fédérer leurs équipes pour que la séparation des restes et le tri se passent bien.»

Les 5 restaurants partenaires

La collecte Système D

Pas facile de circuler dans les rues pavées du centre-ville historique de Sarlat. Et les restaurateurs sont bien trop occupés l’été pour pouvoir se charger eux-mêmes de l’acheminement des restes. Ce sont donc les membres de l’association qui, trois fois par semaine, passent chez les restaurateurs. Les grands seaux blancs ont été récupérés auprès d’une biscuiterie artisanale locale (Lou Cocal).

collecte des déchets alimentaires a Sarlat
collecte sarlat-Edit

Déjà plusieurs tonnes récoltées…

Les collectes ont démarré à la mi-mai 2021, quand les restaurants ont réouvert leurs portes. Chaque semaine, entre 300 et 350 kilos de déchets alimentaires, sont récoltés. Les bénévoles ne comptent pas, en revanche, les allers-retours entre les portes des restaurants et la plate-forme de compostage ! Pour le moment, Compost’ère ne peut pas évidemment collecter plus de restaurants. Pas plus que des particuliers ! « On récupère seulement les restes chez une dame âgée qui habite en face de la plate-forme et qui ne peut plus faire elle-même son compost. »

L’utilisation du compost obtenu

©Compost'ère
©Compost'ère

« L’idée, c’est de valoriser ce compost directement sur le terrain qui est suffisamment grand», explique Pauline.

« On a donc installé des planches potagères et des carrés, et fait quelques plantations. Il y en aura plus l’année prochaine. Un de nos objectifs est de montrer aux gens qu’il faut arrêter de considérer les déchets… comme des déchets, mais comme des ressources précieuses. Récupérer, valoriser, réinjecter sur place pour faire pousser des légumes, c’est la meilleure des démonstrations. »

potager tomate sarlat

Si Compost’ère est amenée à se développer, il faudra réfléchir à d’autres sites, d’autres plates-formes. « Mais pour le moment, on est déjà bien occupées avec nos 5 restaurants ! »

la pierre à l'édifice-Edit

Les autres projets en route

  • Des petits ateliers autour du compostage ont déjà été organisés et Compost’ère a prévu d’en organiser plus, notamment à destination des enfants (une école se trouve non loin).
  • Le recrutement d’autres bénévoles pour assurer des permanences d’ouverture sur la plate-forme. L’appel est lancé à tous ceux et celles qui maîtrisent la permaculture.
  • Des ateliers autour de la biodiversité et des façons de la préserver et / ou de la favoriser. Création de nichoirs et mangeoires. Fabrication de petites maisons pour les hérissons
  • Des animations compostage en partenariat avec le Sictom.

Le Réseau Compost Citoyen

Compost’ère fait partie du Réseau Compost Citoyen Nouvelle-Aquitaine. Ce réseau et ses antennes régionales organisent des formations de guide composteur et de maître-composteur (Fanny et Pauline ont suivi ces formations). Il est aussi possible d’y trouver de l’aide et des conseils à travers des groupes de discussion.  

Sur le site du Réseau, vous pouvez trouver un outil bien pratique, le Géocompost, cartographie citoyenne et participative qui permet de référencer les sites de compostage de proximité. 

Il existe actuellement 9 Réseaux : Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Grand Est, Martinique, La Réunion, Hauts-de-France, Île-de-France. En constitution : Grand-Ouest, Bourgogne Franche-Comté.

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