Côté rue Côté voisins : ça bouge à Schiltigheim !

Voisins
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C’est une association particulièrement dynamique. Depuis 20 ans, Côté rue Côté voisins multiplie les initiatives appuyé par la municipalité de Schiltigheim, dans le Bas-Rhin. Jardins partagés, poulailler collectif, échanges et partages sont au cœur des activités des adhérents.

Les jardins partagés

Quand et comment est née Côté rue Côté voisins ?

Christophe Karst (cofondateur) : l’association a vu le jour voilà déjà une vingtaine d’années quand nous nous sommes rendus compte que le renouvellement des habitants faisait que l’on n’arrivait pas à faire vraiment connaissance. On a eu alors l’idée d’organiser une petite fête. Ce jour-là, il pleuvait à verse et nous nous sommes retrouvés à une petite trentaine de personnes coincées sous un auvent. Les liens se sont créés instantanément. On a passé une excellente soirée et on a décidé de continuer à se réunir, à se voir, à parler, à mieux se connaître tout simplement !

Côté rue Côté Voisins
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Au départ, les réunions étaient un peu « sauvages ». Les fêtes étaient organisées dans le quartier un peu à l’arrache. En 2005, nous avons créé l’association et, en s’appuyant sur les compétences de chacun, nous avons lancé des animations de rue, des concours de boules carrées, des repas communs… De fil en aiguille, les projets, les envies des uns et des autres ont commencé à se faire jour.

Côté rue Côté Voisins
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Quand avez-vous investi le domaine du jardin ?

Notre quartier – qui n’a pas de nom – se trouve à l’ouest de Schiltigheim. C’est un ancien quartier construit dans les années 1920 qui reste relativement protégé en termes d’urbanisme. Nous nous sommes d’ailleurs bagarrés pour éviter les constructions dans les rares lieux verts. Nous avons postulé dans le cadre d’un projet de création de jardins ouvriers et l’Eurométropole (la communauté urbaine de Strasbourg) nous a octroyé un jardin. Il y avait alors trois membres de l’association sur ce jardin. Au lieu de cultiver chacun notre parcelle, on a décidé d’en faire un seul grand jardin.

Quel a été votre premier grand projet ?

Il existait non loin de chez nous des jardins ouvriers en bordure d’autoroute. Ils étaient anciens, squattés ou occupés par des locataires épisodiques. En 2007, au nom de l’association, nous avons proposé à tous les candidats à l’élection municipale un projet d’aménagement de cet espace. Lorsque le maire a été élu, nous nous sommes rappelé à son bon souvenir et il a approuvé ce projet. C’est devenu un très beau parc, les grands arbres ont été préservés et des jeux ont été installés pour les enfants. Il a suffi d’un an et demi pour que ce projet se réalise. À chaque mandature, les élus nous ont suivis, car Côté rue Côté voisins est une association bien implantée, qui crée du lien et s’impose d’être toujours une force de proposition.

Côté rue Côté Voisins
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Qui peut bénéficier de ce jardin partagé ?

Un jardin partagé sur Schiltigheim, c’est en moyenne deux ares par famille. Nous sommes actuellement une quinzaine de familles. Ce sont des lots très demandés, il faut compter 7 à 8 ans d’attente pour en bénéficier. Il faudrait plus de jardins évidemment.

Cette réalisation vous a-t-elle donné d’autres idées ?

Oui ! Et notamment de travailler sur un terrain vague d’une vingtaine d’ares. Le lieu était abandonné, encombré par d’anciens matériaux de construction. Une décharge sauvage… À l’époque, la mairie nous a proposé de reprendre ce terrain pour le convertir en jardin partagé. Défi relevé en 2009. Avec les adhérents, nous avons créé un jardin associatif, après l’avoir désamianté, nettoyé du verre, de la ferraille. C’est devenu un bel espace et le premier jardin partagé de Schiltigheim. Nous sommes entrés dans le réseau des jardins partagés de l’Eurométropole.

Côté rue Côté voisins
Le jardin accueille aussi des ruches ©dr

Lauriane Serfass : « Des rencontres multiples et tellement riches ! »

« Je suis arrivée dans le quartier, voila 3 ans, avec ma famille après des années passées dans le centre de Schiltigheim. J’ai découvert le jardin partagé lors de portes ouvertes. Une vraie découverte parce que je ne savais pas distinguer un poireau d’une pomme de terre…. D’accord, j’exagère un peu mais je ne connaissais vraiment pas grand-chose au jardinage, et encore moins au potager. J’ai donc adhéré pour jardiner un peu avant de m’associer aux autres projets de l’association. J’ai beaucoup appris mais ce qui me tient le plus à cœur, ce sont ces rencontres avec les habitants du quartier. Leurs origines, leurs parcours sont multiples. Si j’étais restée dans ma famille, mon boulot, mon train-train, jamais je n’aurais fait de telles rencontres. C’est tellement enrichissant ! 

Côté rue Côté Voisins
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C’est la réalisation la plus récente de Côté rue côté Voisins. Lauriane Serfass est adhérente de l’association et s’occupe de ce poulailler partagé.

Quand le poulailler a-t-il été créé ?

Lauriane : Il est en route depuis septembre 2020. Au cœur de notre quartier se trouve le parc des oiseaux. Au centre, il existait une grande volière abandonnée depuis qu’une martre avait tué les poules qui y vivaient. Nous étions tous tristes à chaque passage devant cette volière vide. L’idée d’un poulailler partagé s’est imposée comme une évidence, à l’image du jardin partagé, des cabanes à livres, des composteurs collectifs. L’autre idée, c’était d’associer de nouvelles familles, de nouveaux voisins qui ne participent pas au jardin partagé.

Côté rue Côté Voisins
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Comment fonctionne-t-il ?

Ce sont des binômes qui s’occupent pendant une semaine chacune de nos 6 poules (3 rousses et 3 noires). Ils se chargent de veiller à leur alimentation en grains, en eau, en déchets alimentaires. Ils nettoient les mangeoires, les perchoirs et récoltent les œufs, bien sûr ! 

Nous avons aussi quatre personnes référentes. Une est éthologue et s’occupe du bien-être des animaux. Nous avons un « Monsieur Bricolage ». Martine, une autre adhérente, et moi-même sommes chargées du quotidien et des relations avec les adhérents du poulailler partagé. Chacun des 15-20 participants au projet a accès à une clé partagée puisque nous partageons tout, même la clé pour aller alimenter les poules en déchets alimentaires. Elles sont voraces et nous ne sommes jamais trop à les nourrir !

Chaque poulette a un nom. Qui le leur a donné ?

Nous avons organisé une campagne participative pour donner un nom à nos protégées. Les maisons de retraite, les écoles, les adhérents ont suggéré des noms via FB ou par mail. Et via le journal local (Schiltigfinfo), des habitants ont pu aussi s’exprimer. Nos pensionnaires s’appellent donc Brigitte, Rosalie, Paulette, Galinette, Poupoule et Blanchette.

Zied : «Quand on est en « semaine poules », on ne met pratiquement rien dans le bac à compost de la maison. »

Les composteurs collectifs

Christophe Karst : là encore, il s’agit d’une initiative des membres de l’association. Depuis 5 ans, les composteurs collectifs c’est venu là encore à l’initiative de membres de l’association voilà 5 ans, toujours dans l’idée de proposer des idées de solution de récupération pour nos déchets. Notre composteur collectif se trouve dans le Parc des oiseaux. Les habitants y ont accès via une participation symbolique. Tous les 6 mois, quand le compost est mûr, on le distribue aux jardiniers du quartier qui en ont besoin. Le surplus retourne au jardin partagé. Depuis que nous avons ce composteur et les poules, nous avons divisé nos déchets alimentaires par 3. C’est énorme. 

Côté rue Côté voisins
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 « Le jardin, le poulailler, les composteurs…tout forme un cercle vertueux. » Lauriane Serfass

Côté rue Côté voisins
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Zied Akkari : « Grâce à l’association, notre intégration au quartier a été très facile »

« J’ai 36 ans, je suis né en Tunisie où j’ai passé mon enfance et suivi des études universitaires. Les circonstances de la vie m’ont amené à m’installer en Alsace. Nous nous sommes installés à Schiltigheim de l’autre côté de la ville puis nous avons trouvé un appartement dans ce quartier ouest. Je m’intéresse beaucoup au jardinage, j’ai un petit jardin mais j’avais envie de partager un espace avec d’autres habitants. J’ai fait la connaissance des adhérents de Côté rue, côté voisins lors d’une journée portes ouvertes. L’accueil a été formidable, simple, rapide. Dès le premier jour, j’ai commencé à travailler avec tout le monde. J’ai beaucoup à apprendre des autres et j’ai aussi à leur apprendre. Nous n’avons pas les mêmes techniques ou les mêmes habitudes de chaque côté de la Méditerranée. Grâce à l’association, notre intégration dans ce nouveau quartier à été rapide. Ici, les gens sont ouverts, aimables, aidants. »

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