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Des poules citadines pour gérer les déchets

Poules
©DERO2084

La mairie de Paris encourage les Parisiens à réduire leur production de déchets en élevant des… poules ! Pour cela, la Ferme de Paris dont la vocation pédagogique est fondamentale a mis en ligne une conférence « Pause durable » en ligne sur sa chaine YouTube. Pourquoi, comment, avec quelles règles peut-on se lancer à posséder des poulettes et de beaux œufs frais ?

Si le poulailler semble naturel dans un vaste jardin, son implantation dans la densité des villes n’est pas aussi évidente. Élever des poules dans le respect du bien-être animal et de ses voisins suppose de respecter certaines règles.

Quelques chiffres

Chaque Français produit en moyenne 365 kg d'ordures ménagères par an.
Les biodéchets représentent près de 50 %, soient 365 millions de tonnes de déchets organiques.
Deux poules consomment plus de 150 kg par an et peuvent réduire d'un tiers le volume des poubelles ménagères d'une famille de quatre personnes.
Une poule mange 6 kg par mois, soit une ration de 160 g par jour de biodéchets.
En 2050, 70 % de la population mondiale vivra dans les villes selon l'ONU.

Pourquoi installer un poulailler ?

Enfants et œufs
©Halfpoint

Un poulailler en ville, quelle drôle d’idée ! Pourtant, voilà des auxiliaires bien écolos qui permettent outre de réduire ses déchets, de créer du lien social, en particulier si on choisit de le partager.

En France, un pourcentage non négligeable de la  population se trouve en situation de précarité alimentaire. Selon le baromètre publié par le Secours Populaire avec l’Institut Ipsos, 40  % des Français – dont 64  % des plus modestes – se restreignent sur la qualité de leur alimentation pour des raisons financières, des chiffres qui s’aggravent avec la pandémie de Covid-19.

Dans le cadre de la recherche d’une part d’autonomie alimentaire, les poules sont de précieuses alliées. Deux poules couvrent les besoins en œufs d’une famille de quatre personnes. Certes, l’hiver est l’époque de leur pause, mais la ponte repart de plus belle au printemps pour 9 mois au cours desquels elles produiront  jusqu’à 300 œufs.

Au-delà d’une amélioration de cette précarité, la mise en place d’un poulailler répond également à des préoccupations éthiques et de qualité alimentaire. Loin des produits industriels et des inquiétudes quant au traitement des animaux, on sait ce qu’on mange ! Les enfants des villes aiguiseront leur curiosité et leur compréhension de la nature, une occasion de découvrir pourquoi il est nécessaire d’en prendre soin.

Voilà autant de raisons qui poussent les métropoles à encourager la présence de poulaillers dans les espaces urbains.

Que mangent les poules ?

Ce que les poules ne mangent pas

  • les épluchures et les feuilles des fruits et légumes
  • les pelures d’oignons, de bananes, de pommes de terre, de kiwi, les trognons de chou
  • les restes de salades
  • les aliments moisis ou avariés
  • les croûtes de fromages
  • les aliments trop salés
  • les pommes de terre cuites
  • les pommes de terre crues
  • les fruits et légumes
  • les poireaux, le céleri, l’ail, les oignons, les avocats, les agrumes, la rhubarbe
  • les féculents (riz, pâtes, légumineuses, céréales) et du pain mouillé
  • le chocolat
  • les sauces et les soupes
  • Les sauces et soupes industrielles
  • les coquillages et crustacés broyés et les coquilles d’œufs
  • les os, la viande crue

Des poules et des voisins

Poulailler
©lozt

Avant de se lancer, il est indispensable de se procurer le PLU ou Plan Local d’Urbanisme, le règlement intérieur de copropriété et… ses voisins. Assurez-vous que vous n’aurez pas à vous bagarrer, voire que vous pourrez partager le poulailler, c’est mieux pour le lien social ! Par ailleurs, être plusieurs à gérer un poulailler permet d’organiser la continuité des soins pendant les vacances de façon plus simple.

Sur le plan légal, les poules élevées par des particuliers sont considérées comme animaux de compagnie au même titre qu’un chien ou un chat. En faire un commerce est interdit, mais vous pouvez assurez votre consommation ou les offrir. Pour un poulailler dit mobile qu’on peut trouver en animalerie ou construire soi-même, aucune déclaration préalable n’est exigée tant que le nombre de poules reste limité : de 4 à 5 animaux de taille normale, un peu plus pour les races naines. Concernant un poulailler en dur, les règles sont celles du plan local d’urbanisme (PLU) ou de tout autre règlement local.

La zone dans laquelle se situe votre habitation influe également sur la réglementation. Comme un abri de jardin, aucune déclaration n’est nécessaire en deçà de 5 m2 ; entre 5 et 20m2, vous devrez faire une déclaration auprès de la mairie ; au-delà de 20m2, il faut obtenir un permis de construire.

En dehors des règles sur l’interdiction des nuisances sonores et de la responsabilité civile du propriétaire, aucune autre limitation légale ne s’applique vis-à-vis des voisins. S’agissant d’un élevage d’agrément, vous êtes en droit d’installer votre poulailler à l’endroit de votre choix sans règle de distance. Toutefois, mieux vaut consulter les voisins par délicatesse.

Oubliez le coq en ville, il est bien trop bruyant ! 

Installer le poulailler

Poules et mangeoire
©Madhourse

Choisissez un sol bien plat afin d’éviter le ruissellement des déjections et aliments. Prévoyez une surface enherbée, les poules adorent gratter la terre. L’orientation idéale de votre poulailler sera sud / est afin de les protéger des vents froids, mais en ville, l’air circule entre les murs et ce qu’il convient d’éviter est de les mettre en plein courant d’air. Les poulaillers sur roues sont assez pratiques tant pour le nettoyage que pour le déplacer éventuellement.

Quels sont les éléments nécessaires ?

Les poules ont besoin de s’abriter pour dormir, pour pondre et se protéger des intempéries. Le poulailler doit donc comprendre un espace fermé et un espace ouvert. Dans l’abri, vous placerez une mangeoire à graines, car les déchets sont insuffisants à l’apport alimentaire. Un abreuvoir est indispensable, car ce sont des soiffardes. Outre une litière végétale, paille, foin, copeaux, sciure, elles ont besoin d’un perchoir (comptez 18 cm par poule) pour dormir et d’une fenêtre qui laisse entrer la lumière naturelle. Enfin, le pondoir accueillera leurs précieux œufs.

À l’extérieur, prévoyez un bac à sable ou à terre pour les bains de poussière qui leur permettent de lutter contre les parasites. Un bassin et une partie ombragée sont également utiles.

Comment l’entretenir

Un poulailler doit être entretenu chaque semaine pour être maintenu propre et éviter que les animaux soient malades. Il convient de changer la litière et de brosser les éléments de l’abri à l’eau et au vinaigre blanc dilué à 12 %. Dehors, il faut ratisser de sorte d’éliminer les déjections et les aliments restants.

Chaque mois, opération désinfection du poulailler : faites un mélange de bicarbonate de soude, d’eau et de vinaigre blanc, lessivez le sol et les éléments afin de prévenir toute forme de maladie.

Faut-il planter des variétés spécifiques dans l’espace extérieur ?

Certaines plantes contribuent à garder vos poules en bonne santé. C’est le cas de la consoude, de l’armoise, de l’ortie et du géranium. N’hésitez donc pas à les planter dans leur enclos aux côtés d’autres plantes aromatiques et médicinales.

En revanche, prenez garde aux plantes toxiques pour elles : le muguet, le lys, le lin, le laurier, la glycine, le genévrier, le bouton d’or, la rhubarbe, le bégonia et toutes les solanacées (piment, aubergine, tomate, pomme de terre, pétunia, schizanthus, salpiglossis, datura, belladone)…

"Lien

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Poules
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