Les palmiers du Jardin de Pamplemousses

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Évidemment, sous le climat mauricien, les palmiers sont à la fête ! L’un des plus célèbres jardins botaniques du monde en héberge des centaines. On vous emmène en découvrir quelques-uns !

Le palmier de Mac Arthur 

Non, ce n’est pas le célèbre général américain qui s’est illustré pendant la Seconde Guerre mondiale qui lui a donné son nom. Il s’agit d’un autre MacArthur, prénommé William, botaniste et vigneron australien (1800-1882). Ce MacArthur-là, personnalité très influente de l’horticulture australienne au XIX, sponsorise une partie de l’expédition scientifique Chevert en 1875 et notamment la présence d’un jardinier, Thomas Ready. Les collectes de plantes, d’animaux, d’oiseaux de l’expédition notamment en Nouvelle-Guinée sont des plus fructueuses.

Palmier de Mac Arthur
Palmier de Mac Arthur ©Isabelle Morand

Et Thomas Reedy rapporte à William MacArthur un spécimen de palmier encore inconnu. Le spécimen est envoyé en Angleterre à l’horticulteur Harry Veitch qui lui donne le nom de son homologue australien. Le palmier va changer de nom deux ou trois fois avant de retrouver son nom original (non, mais !): Ptychosperma macarthurii.

C’est un palmier largement planté dans les pays tropicaux. J’aime beaucoup son stipe tout fin (entre 6 et 8 cm de diamètre), très élégant, ses belles et grandes palmes (2 m environ de long). Sous les tropiques, il pousse bien au soleil comme à mi-ombre, et aime recevoir de l’eau régulièrement (il pousse à l’origine dans des forêts tropicales humides).

Chez nous : culture en pleine terre à réserver aux zones les plus chaudes et où il ne gèle pas (et il est capable de supporter un coup de froid à 0°C. En dessous, c’est tchao le palmier !). Possibilité de le cultiver dans une véranda, un jardin d’hiver chauffé. Mais ce n’est tout de même pas son nirvana.

Le palmier royal

On l’appelle aussi le palmier royal de Cuba, île dont il est originaire. Il aurait pu s’appeler le palmier de Floride, car Roystonea regia s’est particulièrement bien adapté au climat de cet état américain. On en voit partout ! Mais aux États-Unis, ils se contentent d’être jolis. À Cuba, il s’agit d’une plante dont on fait une large utilisation. Les fruits font partie de la nourriture donnée aux cochons. Les troncs peuvent servir à la construction de maisons, d’abris anticycloniques, et de séchoirs à tabac.

C’est un très grand palmier (25 m !) au tronc lisse, souvent blanc. Les feuilles peuvent mesurer plus de 3 m. Les inflorescences sont impressionnantes et donnent des fruits rouges, de la grosseur d’une bille.   

Palmier royal
Palmier royal ©Isabelle Morand

Chez nous : à cultiver en pot grand et profond, et rempli d’une terre riche, où il mesurera 2 à 2,5 m au minimum. Prévoyez de la hauteur sous plafond, car il est évidemment capable de monter plus haut. Attention, il a besoin de beaucoup de lumière donc à cultiver dans une serre ou une grande véranda très lumineuse. Autrement, il sera franchement moche. Et n’oubliez pas de l’arroser très régulièrement. 

©johannesk
©johannesk

Le palmier cuillère

Si vous aimez les palmes « pleines », pas effilochées de partout et donc très esthétiques, Licuala grandis, palmier originaire notamment du Vanuatu, est fait pour vous. De plus, il fait partie des palmiers aux dimensions « raisonnables » en hauteur (un très grand maximum de 8 m dans la nature) même si ses feuilles d’un superbe vert et en forme de cuillère peuvent prendre des dimensions assez impressionnantes. Leur taille et leur forme permettent d’ailleurs d’en faire des grands et jolis parapluies éphémères !

Chez nous : le palmier cuillère qui a été présenté pour la première fois en Europe en 1976, à Bruxelles, n’est pas le plus simple à cultiver chez nous. La culture se fait obligatoirement en pot et en intérieur, car le Licuala grandis a besoin d’une température entre 18 et 25°C, d’une situation à mi-ombre et d’une humidité atmosphérique permanente (il pousse à l’état naturel dans des forêts pluviales). Les températures nocturnes ne doivent pas être inférieures à 16°C. Autant dire qu’il faut disposer d’un palmarium, d’une véranda, d’une serre chauffée. Il vaut mieux aussi éviter les courants d’air. Donc vraiment pas simples sous nos latitudes et c’est dommage… Ce palmier est une merveille ! 

Un grand costaud, le talipot

Corypha umbraculifera fait partie des palmiers les plus impressionnants. Sa taille ? Jusqu’à 25 mètres. Son tronc ? Jusqu’à 2 de diamètre. Les feuilles sont énormes, de 4 à 5 mètres, et chacune peut peser jusque’à 50 kg ! Et comme c’est décidément le palmier de tous les records, il fleurit environ une fois par siècle et produit une inflorescence géante puis des fruits gros comme des balles de golf avant de mourir (plante monocarpique). 

palmier talipot
Palmier talipot ©Isabelle Morand

Chez nous : trop compliqué, trop grand, oubliez-le ! 

Palmier : Raphia farinifera
Raphia farinifera ©Isabelle Morand

Le palmier à raphia

Voici un palmier multiusage. Tout le monde connaît son utilisation au jardin, dans la déco, en vannerie. La résistance de la fibre permet également d’en faire des clôtures et, paraît-il, même des meubles. C’est également une source de nourriture importante. Quand un Raphia farinifera est abattu, on en extrait la pulpe qui, une fois travaillée -humidifiée, défibrée, lavée, égouttée, finit par donner le sagou. C’est une fécule très consommée par les Papous… et utilisée par les Anglais pour solidifier le pudding (on comprend mieux la légèreté de la chose !). 

Chez nous : en intérieur ou en serre évidemment, mais il faut reconstituer ses conditions de vie dans la nature : chaleur,  humidité constante sauf en hiver. À Madagascar, où il est très exploité, il pousse le long de cours d’eau ou dans des zones un peu marécageuses.

Le palmier bleu

C’est un palmier originaire de l’île Maurice, plus exactement de l’île Ronde. Cet îlot inhabité au nord de Maurice abrite une réserve naturelle, des espèces endémiques parmi lesquelles deux espèces de boas et ce palmier bleu précieux. Latania loddigesii peut là-bas atteindre une dizaine de mètres de haut, au tronc pas bien gros et aux feuilles découpées. 

Palmier bleu
Palmier bleu ©Isabelle Morand

Chez nous : pas évident à cultiver en extérieur sauf dans des régions où il ne gèle jamais (création obligatoire d’un microclimat !). Il se cultive lui aussi en pot en intérieur dans un substrat assez pauvre. Placez-le à la lumière dans une véranda ou un jardin d’hiver.

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