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Entre humains et animaux à Edo 江戸

Edo - Cortège solennel des seigneurs lors du nouvel an
Cortège solennel des seigneurs lors du nouvel an (détail) Kobayashi Kiyochika, 1880 collection du Edo-Tokyo Museum

À l’occasion de son 25e anniversaire, et de la réfection du Tokyo Metropolitan Edo – Tokyo Museum, la Maison du Japon à Paris présente des pièces rares. Le thème de l’exposition, du 9 novembre 2022 au 23 janvier 2023, est centré sur les liens des citadins japonais à l’époque Edo avec l’animal et la nature.

いきもの:江戸東京 動物たちとの暮らし
Un bestiaire japonais

Edo - exposition un bestiaire japonais
©Isabelle Vauconsant

Un huis clos institutionnalisé

Edo, 江戸, c’est le nom de Tokyo du XVe au XIXe siècle où s’établit le shogunat de Tokugawa en 1603. En septembre 1868, l’empereur décide de renommer la ville.

La période Tokugawa 徳川時代 se caractérise par une réorganisation de l’État japonais et la paix qui règne après les guerres féodales qui avaient ravagé le pays.

En un siècle, Edo, simple village de pêcheurs, rassemble près d’un million d’habitants et est une des villes les plus peuplées du monde. Il faut dire qu’une partie de la population est assignée à résidence : le shogoun, pour garder le pouvoir sur les seigneurs, contraint les familles à demeurer à Edo, comme otages.

La société repose sur un système rigide de classes très hiérarchisées. Le pays est refermé sur lui-même et n’entretient que peu de relations avec les autres nations.

Une relation proche aux animaux

Dans Edo, la nature a toute sa place et l’exposition présente un double paravent datant de 1634 qui met en évidence l’étendue et la biodiversité présente à cette époque. Sur ce paravent, au milieu des milliers d’humains représentés, on découvre des sangliers, de bœufs, des cerfs, des chevaux, des singes, des chiens et chats, et une multitude d’oiseaux.

Edo - Tokyi
Paravent - 1634

Tout au long de l’exposition, la présence des animaux est permanente. Les premiers visiteurs occidentaux s’étonnaient de constater qu’on ne dérangeait pas les chiens dans les rues, on les évitait et on les traitait avec gentillesse, voire même déférence. C’est ainsi qu’on utilisait « San » qui signifie monsieur en japonais pour les nommer.

Des chiens babysitters

Les chiens « sauvages » ou devrait-on dire sans maître fixe, avaient une fonction importante, quartier par quartier. Les portes de chaque quartier étant fermées de nuit, les chiens restaient dans la zone où on les nourrissait. Les petits enfants étaient à la maison, l’école maternelle n’ayant pas encore été imaginée. Il revenait aux chiens et aux chats de les occuper en jouant avec eux.

EDO - le boucher
Le boucher Georges Bigot, 1883 collection du Edo-Tokyo Museum

Les chiens étaient partie prenante du quotidien comme le montre un dessin de Georges Bigot, intitulé « le boucher » sur lequel on peut voir l’artisan découpant de la viande sans s’offusquer du chien qui attend sagement sa part.

Edo - concours de chants
Paravent du concours de chants de cailles Anonyme, fin de l’époque Edo - seconde moitié du XVIIIe siècle (1751-1799) collection du Edo-Tokyo Museum

Des animaux symboles

Une estampe nishiki-e de Yôshû Chikanobu – 1890 – met en scène « les souris de la prospérité ».

Dans la demeure d’une famille de marchands, une femme et ses filles regardent avec une certaine tendresse six souris. La souris est un symbole de prospérité, messagère de Daikokuten, le dieu de la richesse. Ces rongeurs sont donc un signe de chance pour la maison.

Les éléphants, présentés dans les cirques ou les zoos au XIXe siècle, arrivaient d’Inde. On attirait le chaland en annonçant que la seule vue du pachyderme apportait fortune et protégeait contre les  maladies.

Concours de chants

Les oiseaux en cage sont très nombreux à Edo et un paravent, œuvre unique, présente un concours de chant de cailles. Il serait daté de la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Ces concours avaient une spécificité rare à cette époque, ils gommaient l’appartenance sociale des participants.

Edo - souris de la prospérité
Coutumes et bonheurs de l’Est : Les souris de la prospérité Yôshû Chikanobu, 1890 collection du Edo-Tokyo Museum
Élephant à Edo
Grand éléphant des Indes nouvellement arrivé au Japon par bateau Ryôko, 1863 collection du Edo-Tokyo Museum

S’ils sont traités avec douceur dans la ville d’Edo en général, il faut toutefois noter que le shogunat doit prendre des mesures de protection des vieux chevaux abandonnés par leurs propriétaires. Trop couteux à nourrir, ils sont renvoyés dans les campagnes où personne ne souhaite s’en occuper.

Les grandes chasses et les centaines de cerfs abattus ont pour but d’entraîner des troupes militaires désœuvrées en temps de paix. Mais la biodiversité est telle dans la ville que chaque année, cerfs et sangliers se reproduisent naturellement, par milliers.

 

De l’utilisation animale

Ce en quoi le rapport à la nature des Japonais diffère peu de celui des Occidentaux, c’est dans l’utilisation des animaux : agriculture, chasse, pêche, transport, loisirs, on aime les animaux autour les humains et à leur service. Ils sont offrande, compagnie, proie, sujet d’étonnement et donc de cirque.

À Edo, on protège les chevaux
Edo Course de chevaux
Course de chevaux à Ueno-Shinobazu, Hashimoto Chikanobu Première moitié de l’ère Meiji (1868-1890)
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