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Des oiseaux bien logés

Les nichoirs d'Emmanuel Richy
©Nichoirs&Cie

Rencontre avec Emmanuel Richy, amoureux de nature, fabricant de nichoirs en écorce de chêne-liège et poète. D’Hérault en Aveyron, il loge les oiseaux dans le plus grand confort naturel.

Emmanuel Richy est originaire de la Vallée de Chevreuse. Après une fac de sport à Orsay, il part à Montpellier pour devenir moniteur de plongée. La vie étant pleine de surprises, il devient moniteur de haute montagne, en spéléologie et escalade. Il exerce dans l’Hérault pendant une quinzaine d’années. « J’ai toujours aimé les activités de pleine nature. »

J’avais créé une association, une société, construit une maison sur un grand domaine pour y installer la famille. J’ai changé de métier pour devenir éducateur spécialisé pour les ados et enfin enseignant en ITEP, Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique.

Nichée au cœur du vivant

Il y a un an, une grande maison, très sobre sur 11 ha de terrain à 650 m d’altitude, dans l’Aveyron, a accueilli Christine et Emmanuel.

Aujourd’hui, notre maison est entourée de nature et de beaucoup d’animaux sauvages : loutres, chevreuils, renards, blaireaux, sangliers, serpents. Des rapaces et bien sûr beaucoup d’oiseaux. On est sur le passage des oiseaux migrateurs. Nous ne manquons pas d’inspiration, elle pour dessiner et moi pour écrire des poèmes, un exercice auquel je prends un immense plaisir.

Christine, elle, est une artiste depuis toujours. Elle dessine la nature. Lorsque nous nous sommes rencontrés, elle a commencé à dessiner les oiseaux à l’encre de Chine puis à l’aquarelle.

Emmanuel Richy - Nichoirs et cie
Emmanuel Richy - Nichoirs et cie ©Dimitri Kalioris

Histoire d’ânesses

Retour à la nature pour retaper une maison en ruine pendant 5 ans où il va rencontrer Christine Foulché, sa compagne. Deux ânesses indisciplinées s’étant échappées de leur enclos, leur maîtresse a fait appel à son voisin pour rattraper les fuyardes. Emmanuel vendant des œufs au marché chaque semaine et les ânesses étant désormais bien enfermées, Christine s’est donc fournie chez son voisin. Et de fil en aiguille, l’amour s’est installé…

ânes
©Pierre-Luc Delage

Transmission de savoir-faire

J’ai rencontré un traiteur passionné d’oiseaux, Christian Kaux.

Il construisait des nichoirs et des mangeoires de style anglais, des maisonnettes pour les oiseaux.

Un jour, il a découvert l’écorce de chêne-liège et il a commencé à fabriquer des nichoirs avec. Il a vieilli et a eu envie de transmettre ce savoir-faire. Moi, je ne m’intéressais pas spécifiquement aux oiseaux, ce qui me passionnait, c’était la fabrication des nichoirs. J’ai tout appris, puis j’ai épuré les pièces. Je me suis approprié la matière, la technique et la poésie que cela recèle.

Ce qui était pour lui du loisir est devenu pour moi un métier. Il rayonnait autour de chez lui. Pour moi, depuis 5 ans, le développement est impératif et j’ai commencé à montrer mon travail dans les fêtes des plantes. Le confinement a un peu brisé mon élan. J’étais parfaitement prêt quand le Covid est arrivé. Donc, à défaut de sortir, j’ai fait du stock !  Depuis je me rattrape et j’essaie d’être partout.

Les dimensions sont fonction des nichées

La dimension du trou d’entrée est en relation avec le volume du nichoir. La règle est que la nichée doit se trouver à 20 cm du trou d’envol pour sécuriser les petits face à une éventuelle prédation.

  • 30 mm, c’est le plus petit qui convient aux mésanges bleues, charbonnières et huppées. De petits oiseaux qu’on a beaucoup dans nos jardins.
  • 40 mm, c’est pour la sittelle torche-pot qui, souvent, adapte la taille du trou à ce qu’elle désire.
  • 70 à 150 mm, c’est pour accueillir des rouges-gorges, des rouges-queues, des bergeronnettes grises ou des gobe-mouches .

On peut aussi accueillir les rapaces nocturnes dans des nichoirs plus grands, comme la chouette chevêche, le petit duc ou la chouette hulotte.

Les mangeoires

On les installe quand le froid arrive,  quand la terre est dure, souvent entre fin octobre et début mars. Mais s’il fait plus doux, on ne les nourrit pas afin qu’ils gardent leur autonomie. Des graines et seulement des graines, de la graisse en cas de très grands froids.

Emmanuel fabrique aussi des hôtels à insectes

Hôtel à insectes
©nichoirs et cie

Un matériau renouvelable

Le chêneliège (Quercus suber) est un arbre unique en son genre, car son écorce, le liège, se régénère après l’extraction.

Pourquoi utiliser l’écorce pour un nichoir ?

Non seulement c’est une matière très agréable à travailler et très légère, mais c’est aussi un espace très agréable à habiter pour les oiseaux : c’est un isolant thermique et phonique dans lequel la nichée est très confortablement installée.

Nous travaillons avec du bois glané exclusivement,  ce dont la nature veut bien nous pourvoir grâce au travail des xylophages qui dégradent les écorces et nous les rendent accessibles. Ils sont donc conçus sans traitement ni pesticide.

Ils sont particulièrement prisés des espèces cavernicoles.

La LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) nous suit et apprécie ce que nous produisons. Elle confirme nos préconisations pour les différentes espèces.

La matière du cylindre est complètement naturelle, et le toit est en zinc, en lauze ou en ardoise selon ce qu’on trouve. L’important c’est que l’eau ne pénètre pas dans le nid et que les prédateurs ne puissent pas le détacher. Je crois que cette forme cylindrique correspond bien à ce que les oiseaux habitent dans la nature.

Quand installer les nichoirs ?

Il faut installer les nichoirs entre l’automne et la fin février. Les oiseaux jusqu’à cette date, visitent pour trouver le bon lieu où installer leur nichée.

La pose des nichoirs

Elle se fait en fonction du soleil et du vent. Le soleil du matin et il faut éviter le vent de face. Exposition sud-est. Entre 1,50 et 1,80 m de hauteur. Sous ombrage, c’est le top.

L’entretien du nichoir

Videz les nichoirs en automne. Le but est d’éviter les accumulations qui rapprocheraient les petits du trou d’envol.

Pas d’eau !

Pour faciliter le nettoyage, je place un socle en pin Douglas qui se dévisse. Dévissez, laissez tomber le contenu du nid. Aérez pendant une journée avant de revisser le socle. Ce n’est pas plus compliqué.

Un nid, ce n’est pas sale, les oiseaux y élèvent leurs petits.

Une exception

La huppe fasciée qui fait ses fientes à l’intérieur dans un nichoir posé au sol. La puanteur a pour rôle d’éloigner les prédateurs.

Le jardin, lieu d’accueil des oiseaux

Plus il compte de biodiversité, plus il accueille d’insectes, donc de végétaux, plus il représente un réservoir alimentaire riche pour les oiseaux. Dans le lierre, dans les arbres, les haies vives ou sèches, et les herbes folles, la vie est immense et absolument nécessaire aux populations d’oiseaux… comme aux humains !

N’oubliez pas de garder les arbres morts pour les oiseaux.

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