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Le mahaleb ou cerisier de Sainte-Lucie

Ce petit arbre a l’air de rien de tout, mais il cache bien son jeu ! Prunus mahaleb qu’on appelle aussi le cerisier de Sainte-Lucie, bois de Sainte-Lucie ou simplement mahaleb pousse très facilement. De ses noyaux, on tire de la poudre utilisée en pâtisserie dans la cuisine maghrébine et moyen-orientale. 

Un petit cerisier qui a toutes les qualités (ou presque !)

Sylvain Mabon, des pépinières Indigènes, est un aficionado total du mahaleb qu’on appelle aussi faux merisier. 

“C’est un petit arbre assez courant. On l’a beaucoup planté avant de l’oublier… C’est pourquoi on peut en retrouver pratiquement à l’état sauvage chez nous.

Il est capable de fructifier un peu au bout de deux ans, mais donne pleinement à partir de sa quatrième année.

Prunus mahaleb
©Volodymyr Kucherenko

Ce petit Prunus peut être installé en isolé, mais je vous conseille de l’intégrer à une haie, c’est une situation qui lui convient vraiment très bien. Il offre une belle floraison printanière. 

On l’utilise depuis longtemps comme porte-greffe pour nos cerisiers. Normal, c’est une espèce vraiment très costaud.

Vous pouvez le planter dans n’importe quel type de sol. C’est un passe-partout. Il supporte le calcaire sans souci. 

Mes conseils pour qu’il soit heureux

Plantez-le au soleil. Et au démarrage, une bonne pelletée de compost ou de fumier à papy ! 

Son seul défaut s’il faut lui en trouver : récupérez les noyaux, oubliez les fruits. On est loin d’une bonne cerise bigarreau joufflue et bien sucrée. 

La poudre d’amande du Maghreb et du Moyen-Orient

La vraie poudre d’amande coûte cher alors quand on peut trouver un produit de remplacement moins onéreux, tant mieux ! Et le mahaleb est une bonne solution avec une saveur entre l’amande amère et la cerise.

Au Liban, en Syrie, on mélange la poudre de mahaleb avec du poivre noir, de la cannelle, du gingembre, du clou de girofle, de la noix de muscade pour obtenir le baharat que l’on mange avec de la viande ou des volailles (marinade ou ajout sur les plats quand on les sert). 

poudre mahaleb
©Eliane29

Pourquoi l’appelle-t-on cerisier de Sainte-Lucie ?

Grand bond en arrière ! C’est toute une histoire ! Au VIIe siècle, Lucie fuit son père et le royaume d’Écosse et s’établit à Sampigny, dans la Meuse. D’abord bergère puis agricultrice, elle finit (je vous la fais courte) par construire un petit sanctuaire, puis une église. Surnommée la « Peau d’âne de Sampigny », Lucie aurait été à l’origine de nombreux miracles et les pèlerins venant au sanctuaire apportaient des objets taillés dans la forêt toute proche où poussaient des Prunus mahaleb. Neuf siècles plus tard, le bois de Sainte-Lucie sert à fabriquer de nombreux objets précieux comme des écritoires ou des boîtes. Aujourd’hui, à Sampigny-sur-Meuse, il est possible de visiter l’église Sainte-Lucie plusieurs fois restaurée, et deux chapelles (l’une au cimetière, l’autre au bois Sainte-Lucie). 

On fête cette Sainte-Lucie le 19 septembre. 

Mirinello di Tottemaggiore

Les Italiens sont également friands des noyaux du mahaleb qu’ils transforment en liqueur qu’ils utilisent dans certaines pâtisseries, des biscuits. La recette du Mirinello a été mise au point en 1935 par Don Fédérico Marino, médecin à Torremagione, une ville des Pouilles.

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