Théodore Rousseau, la Voix de la forêt

Théodore Rousseau, peintre, allée des Châtaigners
Théodore Rousseau, peintre, allée des Châtaigners ©DR

Le Petit Palais expose une centaine d’œuvres de Théodore Rousseau jusqu’au 7  juillet prochain. Un événement qui renouvelle le regard sur ce paysagiste de l’École de Barbizon, écologiste avant l’heure, à qui l’on doit la première réserve naturelle au monde.

Rousseau ou le renouveau du paysage

Théodore Rousseau (à ne pas confondre avec le Douanier Rousseau) est à l’honneur ces jours-ci. On le savait très attaché à la nature . Il apparaît ici comme le véritable porte-parole de la forêt, prenant sa défense par ses actions militantes. Une génération avant les impressionnistes, Rousseau (1812 -1867) incarne l’artiste bohème par excellence. Un rebelle et un moderne. Mû par un amour inconditionnel pour le vivant, il cherchera toute sa vie à en restituer l’harmonie, s’immergeant longuement dans la nature pour en tirer des esquisses retravaillées ensuite dans son atelier. 

Rousseau - Théodore Rousseau, Clairière dans la haute futaie, forêt de Fontainebleau
Théodore Rousseau, Clairière dans la haute futaie, forêt de Fontainebleau ©DR

Un peintre amoureux des arbres

Rousseau peignit la Normandie, le Jura, la Vendée, les Landes ou les Pyrénées. Mais son sujet de prédilection demeure les arbres et la forêt de Fontainebleau où il s’installera en 1847 – à Barbizon – entouré de toute une colonie de peintres. S’inspirant des paysagistes hollandais du XVIIe siècle et de l’Anglais John Constable, à cheval entre le naturalisme et le romantisme, Rousseau délaisse le traditionnel prétexte de scènes mythologiques ou bibliques pour ne représenter que ce qu’il voit : les arbres, les rochers, la forêt épaisse et dense, la lumière qui perce au bout du chemin… Une révolution  ! Elle lui vaudra d’être éternellement refusé au Salon.

Rousseau - Théodore Rousseau, Un arbre dans la forêt de Fontainebleau
Théodore Rousseau, Un arbre dans la forêt de Fontainebleau ©DR

Sa peinture est sombre, mais y sourd une lumière étrange et fascinante à laquelle on ne peut rester insensible. L’artiste, soutenu par quelques critiques, obtiendra le succès auprès de collectionneurs qui apprécient son authenticité.

Rousseau - Théodore Rousseau, Le massacre des Innocents
Théodore Rousseau, Le massacre des Innocents ©DR

Rousseau écologiste

Au milieu de XIXe siècle, l’industrie et le tourisme amenèrent à de très importantes coupes d’arbres et à une certaine défiguration du paysage forestier. Théodore Rousseau alerte sur le sujet, notamment en peignant des arbres sacrifiés dans ses tableaux. En 1852, en véritable porte-voix de la forêt et de ses peintres, il écrira au ministre de l’Intérieur, le duc de Morny, demandant à ce qu’on préserve ces merveilleux sites qui leur servent de modèle et d’inspiration. Appel qui trouvera un écho positif. En 1853 naîtra la toute première réserve naturelle au monde, sous le nom de « réserve artistique », officialisée en 1861. Le début d’une conscience écologique en Occident. 

« Théodore Rousseau, la Voix de la forêt », musée du Petit Palais jusqu’au 7 juillet 2024. Pour réserver son créneau horaire (conseillé) ou avoir plus d’informations, c’est ICI

A noter aussi : “La Nuit des Forêts”, premier festival national dédié aux forêts, du 7 au 16 juin, partout en France. Pour le programme, c’est LA

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