On le sait, les Japonais adorent les cerisiers à floraison printanière, les iris, les érables, mais il faut ajouter les glycines à la liste. Chaque printemps, ils sont des centaines de milliers à se précipiter dans les parcs pour admirer leur floraison.
Une glycine vieille de 700 ans !
Le sanctuaire Kasuga Taisha, à Nara (non loin de Kyōto) est véritablement le… temple de la glycine. Elle est la reine du Manyo, le Jardin botanique abrité dans le sanctuaire. À cela une explication : la fleur est présente sur le blason familial du clan Fujiwara, qui a dominé le Japon pendant plus de quatre siècles (710-1160).

Si le jardin est planté de 200 glycines, l’une d’elles est un monument national. Elle a même un nom : Sunazuri no Fuji. On sait qu’elle a plus de 700 ans ! On peut en être certain puisqu’elle figure dans le Kasuga gongen genki-e, un rouleau illustré offert au sanctuaire en 1309.
Tunnels et dôme de glycines au Kawachi Fuji Garden
C’est un jardin ouvert seulement à deux périodes de l’année. À l’automne, pour assister à la révérence de 700 Momiji, les fameux érables du Japon. Et au printemps, vers fin-avril début mai, pour profiter de l’incroyable spectacle des dizaines de glycines en fleurs dans ce grand jardin situé à Kitakyūshū, dans la préfecture de Fukoaka.

On s’y promène sous deux tunnels parfumés, plantés de 150 glycines de différentes couleurs. Plus la floraison est avancée, plus le droit d’entrée est cher ! À noter qu’il existe un point de vue dans le jardin où l’on peut admirer les Wisteria qui recouvrent environ 1000 m2.
Les glycines du Tennogawa
Le parc Tennogawa, à Tsushima (préfecture de Nagasaki), dans le détroit de Corée est organisé autour d’un étang qui fut autrefois une rivière, sous la période Edo (circa 1600 – 1868). La Golden Week (semaine « off » pour tous au Japon) correspond à celle de la floraison des glycines. Elle prend le relais des cerisiers du Japon et devance celle de milliers de Nymphea.

Dans le sanctuaire Kameido-Tenjin, à Koto
Ce n’est pas le lieu le plus souvent visité à l’est de la capitale, et c’est dommage, car ce sanctuaire est animé toute l’année. Construit en 1661 en l’honneur d’un homme politique et érudit, les Japonais viennent y prier pour la santé et la réussite scolaire de leurs bambins.
Bien sûr, on y passe sous un torii. Puis il faut franchir trois ponts dont le second permet de profiter du spectacle des vieilles glycines en fleurs. La cinquantaine de Wisteria est conduite sur des pergolas qui offrent beauté et parfum aux visiteurs. Ce sanctuaire se visite aussi à la nuit tombée et le spectacle des glycines plus ou moins illuminées se transforme en féérie.

Les glycines du Kameido-Tenji figurent dans la série les Cent vues d’Edo du dessinateur et peintre japonais, Utagawa Hiroshige. Dans la collection réunie par Claude Monet figurent 48 estampes d’Hiroshige dont nombre sont visibles dans la maison du peintre à Giverny.
Au parc floral d’Ashikaga
Ce sont 350 glycines qui ont été plantées dans la petite ville d’Ashikaga, dans la préfecture de Tochigi. La plus ancienne a été plantée voilà près de 140 ans. L’originalité de ce parc tient en l’organisation par couleur et espèce de Wisteria, ce qui n’est pas le cas ailleurs. Il existe donc 8 zones qui mettent en vedette glycines courtes, glycines longues, glycines blanches, glycines violettes…



