Olivier Galéa, entre la Bretagne et l’Asie !

 

Sous un arbre perché, sa pépinière et celle de son compagnon, Fabrice Gautier, est spécialisée dans les plantes d’ombre, pour beaucoup d’origine asiatique. Olivier, le végétal, l’Asie, c’est l’histoire d’une passion devenue un métier. 

Hortus Focus : Qui t’a transmis ton amour du jardin ?

Olivier Galéa : C’est mon arrière-grand-mère. Elle avait un jardin de fleurs, j’étais très souvent avec elle, je l’aidais et elle m’apprenait le nom des plantes. Et puis, au cours préparatoire, on m’a donné des lentilles à faire germer sur du coton hydrophile. Je me souviens avoir été subjugué par leur croissance, jour après jour. À Noël, mon arrière-grand-mère m’offrait des livres sur les plantes. Quand mes parents ont eu une maison, je n’étais pas très grand, mais je gérais le jardin ! Je disais, “on enlève les haies, on plante ça”, c’était déjà vraiment mon truc. 

Saxifrages © Isabelle Morand

Et pourquoi cet amour pour l’Asie et ses plantes ?

Enfant, j’avais de nombreux amis asiatiques qui m’offraient des petits cadeaux d’origine… asiatiques. Je me suis intéressé alors à tout ce qui touche ce continent, ses cultures. Tout a fini par se combiner, les plantes, l’Asie… Surtout après mon premier voyage au Laos, la Thaïlande et Bornéo quand j’étais encore adolescent. 

À l’époque, tu rapportais déjà des plantes ?

Non, je ne connaissais pas la législation, ce qui était autorisé, ce qui ne l’était pas. D’ailleurs, à l’époque, je ne pensais pas devenir pépiniériste. J’étais juste émerveillé par celles que je découvrais et admirais là-bas en Asie tropicale. Quand j’ai visité ensuite le Japon et les zones asiatiques plus tempérées, l’envie m’est venue de rapporter les plantes, de partager mes trouvailles, potentiellement de nouvelles plantes pour nos jardins.

Quelles sont les premières plantes que tu as rapportées ?

Des saxifrages ! Je suis allé en voyage touristique au Japon. On trouvait sur les marchés des saxifrages bijou (Saxifraga fortunei). J’en ai rapporté pour les installer dans mon jardin et, quand nous avons monté la pépinière avec Fabrice, on a voulu faire connaître ces plantes vivaces merveilleuses.

©Isabelle Morand

 

 

Pourquoi et comment avez-vous monté Sous un arbre perché avec Fabrice ? 

Fabrice était stewart, il allait souvent au Japon et rapportait des plantes. On s’est mis à multiplier nos trouvailles chinoises, japonaises, coréennes, vietnamiennes… avant de lancer notre pépinière. C’était notre rêve. Nous sommes des collectionneurs dans l’âme ; à chacun ses préférences. Fabrice s’est pris de passion pour les Hydrangea serrata (NDLR : la collection est labellisée CCVS, Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées). Nous avons aussi de nombreuses espèces et variétés de Sceaux de Salomon (Polygonatum), épimediums, hostas, et saxifrages bien sûr. Depuis quelque temps, je m’intéresse aussi aux Farfugium. J’ai des petites lubies comme ça de temps en temps. 

Vous continuez d’aller en Asie pour trouver des plantes ?

Oui, même si nous avons dû faire une petite parenthèse quand nous avons déménagé notre pépinière du Perche vers la Bretagne, à Guerlesquin. Mais c’est un continent dont on a du mal à se passer. Nous sommes amoureux de la culture japonaise ; les plantes c’est le bonus ! Là-bas, on a un peu l’impression d’être des gamins au pied d’un sapin de Noël. Il suffit d’aller chez un petit pépiniériste, de farfouiller pour trouver des trésors, des plantes qu’on ne connaissait pas encore. À chaque fois, ce sont de belles surprises qui augmentent notre savoir et nos connaissances. 

Le “Semitarium” d’Olivier ©Isabelle Morand

Pourquoi te passionnes-tu pour la multiplication des plantes ? 

C’est un challenge, la multiplication. À chaque plante, sa multiplication, ses spécificités. Je peux trimer pendant 3 ans avant de trouver comme faire pour bien multiplier une plante. Une fois que j’y suis parvenu, elle va presque m’indifférer… Ce qui me plaît aussi, c’est de pouvoir montrer aux jardiniers une plante qu’ils n’ont pas l’habitude de voir et qu’ils vont pouvoir faire pousser dans leur jardin. Fabrice aime créer des massifs, s’occuper des arbustes. Je suis passionné par la multiplication, l’hybridation, l’observation. On ne marche pas sur les mêmes plate-bandes. 

As-tu connu des échecs d’acclimatation ?

Oui, plein ! Soit je n’arrive pas à les garder en vie ici, soit je ne parviens pas à comprendre comment les multiplier. Il m’arrive aussi de rapporter les plantes dont on ne voit pas les fleurs puisque nous y allons en hiver. Pour des raisons phytosanitaires, nous les rapportons à racines nues en plus. Quand elles fleurissent, je m’aperçois que c’est une plante sauvage qui a fait le voyage de l’Europe vers le Japon ! Nous, on en a plein les fossés ; là-bas, ils la proposent comme plante exotique…

Roscoea beesiana ‘Monique’ ©Isabelle Morand

Quel a été ton grand plus grand chagrin de pépiniériste ?

La perte d’un Podophyllum extraordinaire, marbré de blanc. Sa panachure était unique. Nous l’avons multiplié, cultivé, bichonné pendant 3 ans. Pendant notre dernier hiver dans le Perche, la température est montée à 15°C, la plante est partie en végétation avant d’être tuée par une période de froid (plusieurs jours à – 20°C). Tous les pieds sont morts, on ne retrouvera jamais cette plante, car il s’agissait d’une hybridation et elle était vendue comme une pièce unique. J’ai eu du mal à m’en remettre !

Y a-t-il des plantes que tu ne commercialises jamais ?

Oui, bien sûr, car certaines sont trop difficiles de culture pour les amateurs. Quand je rapporte 50 plants, si j’en perds la moitié dès l’année suivante et encore 30% l’année d’après, qu’il me faut 3 à 4 ans pour comprendre comment la cultiver, mais qu’elle ne se développe toujours pas bien, je la garde au jardin et c’est tout. Quel intérêt de vendre des plantes décevantes ? Aucun !

Es-tu un pépiniériste heureux ?

Oui, mais je manque, nous manquons de temps. J’aimerais ne pas avoir à dormir pour pouvoir en faire plus… 

 

Le site de la pépinière Sous un arbre perché, c’est PAR ICI ! 

 

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