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Jardins et botanique à Rochefort et ses environs

Rochefort ou plus exactement Rochefort-sur-mer, n’est pas qu’une ville tournée vers l’océan. Elle offre quelques jolies surprises dans le domaine de la botanique et des jardins. Voici quelques visites à faire seuls ou avec un guide pour un prochain week-end on ne peut plus vert !

 

Rochefort - le Jardin des retours
Le Jardin des retours ©Valérie Collet

Regards botaniques et Jardin des retours

À Rochefort qui fut un port important, s’est jouée une grande partie de l’histoire de la botanique en France. Histoire passionnante et quelque peu méconnue dont le protagoniste principal est, au XVIIe siècle, Michel Begon. Cet intendant de la Marine, passionné par les végétaux exotiques, envoya notamment aux Antilles, le père Plumier qui devait en rapporter la fameuse plante portant son nom, grande fierté actuelle de la ville : le bégonia.

On note aussi qu’au siècle suivant, en 1720, les trois plants de café offerts par la Hollande à la France furent acclimatés à Rochefort. Avant de partir en Martinique où ils se développèrent jusqu’à devenir une production essentielle de l’île. Enfin en 1797, trois pieds d’arbre à pain ramené d’expédition furent acclimatés dans le Jardin botanique de la ville avant de partir au Muséum et en Guyane.

Le Jardin des retours qui entoure aujourd’hui les bâtiments de la Corderie royale évoque l’ancien grand Jardin botanique aujourd’hui disparu. Il s’agit d’un vaste parc planté de pelouses et de deux rangées de tulipiers et de palmiers. Une réalisation des années 80, que l’on doit au paysagiste Bernard Lassus. On pourra le parcourir en se laissant conter son histoire par un guide-conférencier de Rochefort.

 

Citron main de bouddha
Jardin de l’intendant, citron main de Bouddha ©Valérie Collet

Le Potager du Roy

Bien caché derrière ses murs, dans un angle du Jardin des retours se trouve le Potager du Roy, là où tout a commencé. Véritable petit bijou, celui-ci fut la propriété personnelle de l’intendant Michel Bégon évoqué plus haut. En 1698, ce curieux et collectionneur y planta des plantes médicinales qui prospérèrent jusqu’à sa mort en 1710. Par la suite, son petit-fils La Galissonnière, partageant la même passion, hérita du lieu. Puis ce fut au tour de l’École de médecine navale de le ressusciter.

En 1740, elle le développa en un vaste jardin botanique au service de la science et de la médecine. Ce jardin clos avec son orangerie et ses anciens murets de culture donne à voir toutes sortes de curiosités tels des concombres amers, des aubergines de Thaïlande, des tamarillos, des christophines, du curcuma, des citrons « mains de Bouddha »… Si vous avez la chance de croiser Philippe Eppert, son jardinier dévoué, il vous montrera tout cela avec passion.

 

Rochefort - La banane, planche tirée du livre Espèces et flore pittoresque médicale des Antilles
La banane, planche tirée du livre Espèces et flore pittoresque médicale des Antilles ©Valérie Collet

Le musée de l’École de médecine navale

Fondée en 1722, l’École de médecine fut une des premières au monde. Elle est née pour remédier aux problèmes sanitaires rencontrés par la Marine sur terre et sur mer. Chirurgiens et médecins apprirent ici l’anatomie. Mais aussi la science des pharmaciens, physiciens, chimistes ou botanistes. De ce lieu riche en atmosphère, on visite tour à tour la salle du Conseil de Santé (elle accueillait le cabinet d’histoire naturelle et d’anatomie). La Bibliothèque et ses 2500 ouvrages anciens dont l’Atlas du voyage de Lapérouse et ses linogravures botaniques; le grand livre du Voyage d’Alexander von Humboldt et du botaniste Aimé Bonpland en Amérique du Sud. Ou encore Espèces et flore pittoresque médicale des Antilles, petit ouvrage très coloré du médecin et botaniste Michel Etienne Descourtilz.

Au deuxième étage, on découvre une grande salle avec en vitrine, des milliers d’instruments scientifiques, des squelettes animaux et humains, des minéraux et des bocaux remplis de graines et plantes en tous genres. En vedette, deux grands vases à Thériaque, ce contre poison constitué d’une soixantaine de plantes associées à du vin, du miel et de la vipère séchée !

Musée de la marine – école de médecine navale

 

 

Conservatoire du bégonia
Conservatoire du bégonia ©Valérie Collet

Le conservatoire du Bégonia

Cette collection nationale compte 1500 bégonias botaniques et hybrides. Créée au départ par Vincent Millerioux, un horticulteur passionné du Val-d’Oise, elle a été achetée par la ville de Rochefort en 1986 sous forme de 200 boutures de 30 cm de haut. Fond qui fut enrichi et augmenté par la suite par des échanges en France ou à l’étranger. On la découvre aujourd’hui avec enchantement dans une grande serre de 1000 m2 remplie de pots du sol au plafond. Il y en a de toutes les tailles et de toutes les couleurs, pour tous les goûts ! De quoi se réconcilier avec cette plante parfois un peu mal-aimée.

Le conservatoire du bégonia de Rochefort

 

Rochefor - La botaniste Anne Richard
La botaniste Anne Richard ©Valérie Collet

Sortie botanique avec Anne Richard

Cette botaniste, spécialiste de plantes sauvages comestibles, organise des sorties pédagogiques dans l’estuaire de la Charente. Ce vaste espace naturel protégé qui mêle eau douce et eau salée offre une flore particulièrement riche. En quelques pas seulement, vous apprendrez à reconnaître la bette et le plantain maritimes, la lavande de mer, la mauve sylvestre ou l’aster de mer au délicieux goût d’huître. Une visite vivante et passionnante que vous pourrez compléter par la lecture de son dernier ouvrage publié avec Éliane Déat aux éditions Métive : Recettes faciles de plantes sauvages.

Fleur de marée

 

Le potager de l'abbaye de Trisay
Le potager de l’abbaye de Trisay ©Valérie Collet

Le potager de l’abbaye de Trisay

Cette abbaye, en grande partie en ruines et assez énigmatique, date du début du XIIe siècle. Un jardin médiéval y a été recréé de toutes pièces par François Lormeau il y a quelques années en s’inspirant du capitulaire de Villis qui réglementait les plantations à l’époque de Charlemagne. Quatre allées (quatre fleuves) y dessinent tout d’abord une allégorie du paradis. Puis on découvre tour à tour différents espaces consacrés aux plantes alimentaires, médicinales, tinctoriales (elles servaient pour les enluminures) ou encore magiques, que l’on cultivait entre les IXe et XIVe siècles. De la rose aux vertus purgatives à l’angélique utilisée en confiserie. En passant par la pivoine et la belladone considérées comme maléfiques. Ou encore la rue qui calmait les ardeurs sexuelles ou facilitait la ménopause. Surprenant et instructif !

Abbaye de Trizay

Les jardins de Compostelle

Ce parc floral se trouve à proximité de l’abbaye de Trisay. Il a été conçu en 1998 par l’architecte paysagiste rochefortais François Galinet, avec une inspiration hispano-mauresque. Sur une surface totale de deux hectares, en surplomb du Bois Fleuri, sept séquences paysagères se succèdent entre bassins et jets d’eau. Une promenade apaisante et dépaysante qui joue avec la symétrie, les végétaux méditerranéens et les reflets du ciel. Elle offre quelques jolies vues sur le plan d’eau voisin. À parcourir juste pour le plaisir.

Abbaye de Trizay – Jardins de Compostelle

Rochefort - Les jardins de Compostelle
Les jardins de Compostelle ©Valérie Collet

 

 

Se loger à Rochefort-sur-mer: l’hôtel de France**, confortable et central

Se restaurer à Rochefort: la Petite Kabane. Restaurant éco-responsable. Bons petits plats faits maison (photo) à partir de produits locaux (prix doux)

Pour tous les renseignements sur Rochefort : cliquez ICI

 

 

 

 

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