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Dans le Petit Jardin de Saint-Fiacre, chez Laurence Marty

Petit jardin de Saint-Fiacre
Didier Hirsch

Depuis toute petite, Laurence Marty « souffre » du virus du jardinage. Son Petit jardin de Saint-Fiacre, dans l’Essonne, est d’une grande générosité. Son talent de coloriste, son amour des roses, et son goût pour la déco s’y expriment partout ! 

Hortus Focus : Te souviens-tu quand et où est née ta passion du jardinage ? 

Laurence Marty : Oh oui, j’ai un souvenir très précis. J’habitais au Maroc où ma grand-mère avait un fabuleux jardin d’agrumes et de roses. Je vois encore ma mamy me donner une petite-feuille de saintpaulia, la violette du Cap, et me montrer comme on fait une bouture. J’ai suivi, passionnée, la croissance de ce bébé feuille… J’avais 4 ans, mais je me souviens très bien de ces moments. Depuis, la passion du jardin est là, ancrée en moi. 

Que gardes-tu de ton Maroc natal ?

Tellement de choses, tellement de souvenirs… À 12 ans, quand nous sommes rentrés en France, j’avais mes affaires bien sûr, mais aussi de la menthe pour faire du thé à la menthe. Je décore mon jardin avec des objets marocains, des lampes traditionnelles. Et puis il y a ce bleu que j’aime tellement. C’est le bleu du ciel marocain, le bleu du jardin Majorelle. Ce bleu m’accompagne depuis toujours.

Le petit jardin de Saint-Fiacre
©Isabelle Morand

Où se trouve ton jardin ?

Avec Vincent, mon mari, nous jardinons dans le sud de l’Essonne, dans une commune au nom prédestiné : Saint-Fiacre (le patron des jardiniers). Quand nous sommes arrivés en 2009, le terrain était vierge. Il avait été occupé avant par des maraîchers ; nous avons donc la chance d’avoir une terre particulièrement bonne, riche, travaillée. La maison était en ruine, c’était une sorte de hangar, nous avons tout, tout, tout refait. Et nous avons créé ce jardin de 650 m2, qui associe 200 rosiers, des vivaces et des arbustes.

Petit jardin de Saint-Fiacre
©Isabelle Morand
Chez Laurence Marty
©Isabelle Morand

Ton jardin me fait penser au jardin privé d’André Ève, c’est normal ?

Mais oui ! André a été une immense source d’inspiration et de conseils pour moi. J’ai rencontré André en 1985. Il venait de planter ses premiers rosiers dans sa roseraie de Morailles, à Pithiviers-le-Vieil (Loiret). Puis je suis allée dans son jardin privé où je suis restée en admiration devant son talent pour associer les rosiers et les vivaces. André a été un « père » pour de nombreux jardiniers et jardinières. Et quand je suis dans mon jardin, je pense très souvent à lui. 

Quels conseils t’a donné André pour ton jardin ?

Je lui ai apporté des photos après avoir mis en route le jardin. Sa réaction ? “Oh la la, il faut changer des choses pour structurer ce jardin et lui donner une impression de grandeur”. Donc, nous avons ensemble commencé à morceler le jardin en imaginant des massifs qui n’étaient pas ronds. Ce que j’avais déjà planté lui faisait penser à des petits ronds-points bretons. Il m’a montré comment créer des formes harmonieuses, à installer des plantes qui fleurissent du printemps jusqu’a Noël ou presque avec l’ultime remontée des roses. André a toujours aimé les jardins à l’anglaise, les chemins sinueux, les courbes… 

Chez Laurence Marty
©Isabelle Morand

Comment composes-tu tes tableaux végétaux, tes massifs ?

Je peins, et dans toutes mes peintures, je recherche l’harmonie. J’espère d’imprimer cette même harmonie à mes massifs. Je ne mets jamais de couleurs très tranchantes, par exemple du rouge vif au milieu d’une scène à dominante bleu tendre. 

Que peut-on voir en été dans ton jardin ?

De l’armoise que j’aime pour son feuillage bleu-gris. Des arbustes aux feuillages de couleurs différentes qui font ou pas de l’ombre aux vivaces. J’aime la floraison des nigelles, regarder les sédums qui commencent à former leurs fleurs et teinter le jardin de poupée en fin d’automne. Ah oui, j’ai pas mal de delphiniums et de phlox aussi ! Je laisse aussi pour l’été les têtes d’ail d’ornement fanées pour leur côté décoratif.

nigelle
Nigelle de Damas ©gimli_36

Comment t’occupes-tu de ton sol ?

Pour me simplifier la vie, je mets partout du BRF. Le bois broyé évite les mauvaises herbes. Mais surtout je plante très serré et je me suis aperçue que cela me simplifiait la vie. J’ai beaucoup moins d’adventices. De plus, les plantes se font mutuellement de l’ombre et au pied de mes arbustes, j’ai toujours un peu de fraîcheur même pendant les périodes de canicule.

Tu n’arroses jamais ?

J’ai la chance d’avoir dans le jardin un puits à 11 m de profondeur. Mais je n’utilise cette ressource que quand c’est vraiment nécessaire. L’été, je laisse les zones de pelouse entre les massifs se dessécher, car, pour moi, un jardin n’est pas un hôpital à plantes. Je me refuse à arroser sans arrêt et je préfère planter des plantes chameaux.

jardin du Petit Saint Fiacre
©Isabelle Morand

Quand je vois des plantes en difficulté dans mon jardin, je me dis qu’elles ne sont tout simplement pas faites pour lui… et moi. Et je ne souffre pas du tout de ne pas pouvoir cultiver ces plantes-là. Je me contente de les observer et les admirer chez les amis.

Avec le réchauffement climatique, envisages-tu de planter des végétaux différents ?

Les étés caniculaires, je les ai connus au Maroc et j’ai donc toujours été attentive à ne pas planter n’importe quoi, comme des plantes qu’il va falloir arroser chaque jour. Dans les années qui viennent, je pense planter beaucoup plus de sédums rustiques. Ils sont peu gourmands en eau et passent l’hiver sans trop de soucis. Je cultive les plus frileux en pot et les protège en hiver. Je vais également planter plus de graminées pour les mêmes raisons. 

La vie animale est-elle intense dans ton jardin ?

« La faune est arrivée toute seule., au fil des années. Nous avons des verdiers, des rouges-gorges, des colonies de moineaux, des chardonnerets, beaucoup de mésanges charbonnières, de mésanges bleues et même des piverts ! . Même quand nous déjeunons sous la tonnelle, ils s’aventurent très près. Avec Vincent, nous avons installé de nombreux nichoirs partout dans le jardin. Quand les bébés sont là, ça pépie de partout !”

nichoirs au Petit jardin de Saint Fiacre
©Isabelle Morand
dans le jardin de Laurence Marty
©Isabelle Morand

Ton jardin est peuplé de lupins. C’est une passion ?

Non mais j’avais semé à la volée des lupins roses et violet. Jusque’à l’an dernier, on en voyait peu fleurir. On s’est rendu compte avec Vincent que la pléthore d’asters les empêchait de pousser. Nous avons alors sacrifié des asters et les semis de lupins ont pu se faire enfin une place ! . J’ai seulement planté le lupin « La Châtelaine » et c’est un vrai bonheur. L’an dernier nous avons eu 20 hampes. Une merveille.

Vous pouvez suivre Laurence Marty et son Petit jardin de Saint-Fiacre sur cette page FB

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