Les punaises de jardin

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Les punaises vertes, rouges, marron peuvent faire de gros dégâts au jardin. Mais elles peuvent aussi être utiles notamment aux producteurs de végétaux, comme l’explique Antoine Lantin, expert en bestioles… et en environnement. Nous vous proposons aussi de petits portraits des punaises les plus courantes dans nos jardins. 

Hortus Focus : les espèces de punaises sont-elles nombreuses en France ?

Antoine Lantin : c’est une grande famille assez complexe. Chez nous, on dénombre environ une cinquantaine d’espèces sur les 40 000 présentes dans le monde. Elles peuvent mesurer de 1 mm à quelques centimètres.

©Isabelle Morand
©Isabelle Morand
Palomena prasina ©Wirestock
Palomena prasina ©Wirestock

Quelle est la plus courante chez nous ?

Celle qui vient immédiatement à l’esprit, c’est la punaise verte (Palomena prasina). C’est l’espèce la plus répandue en Europe. Tout le monde la connaît : quand on l’écrase ou qu’elle « sent » un danger proche, elle libère une molécule odorante très désagréable.

Que mangent donc les punaises ?

Elles ont des régimes très variés. Elles peuvent être phytophages, c’est-à-dire manger des morceaux de plantes, des feuilles. D’autres mangent d’autres insectes. Mais il est très rare qu’une espèce de punaise n’ait qu’un seul régime alimentaire. Ce sont des insectes très opportunistes ! Il est très courant d’observer des punaises qui sont censées ne manger que des feuilles sur des cadavres d’autres insectes, voire même en train de s’attaquer à d’autres punaises !

Dolycoris baccarum, punaise des bois ©zhengzaishuru
Dolycoris baccarum, punaise des bois ©zhengzaishuru

Les punaises font partie des insectes piqueurs-suceurs. Elles sont équipées d’un rostre, une trompe qui leur permet de manger des feuilles ou des insectes.

Les punaises se bagarrent donc entre elles ?

Oui ! Les horticulteurs connaissent bien la famille des punaises mirides. Une partie de cette famille est plutôt prédatrice, notamment de pucerons, et cette qualité est évidemment très appréciée des producteurs (en bio). Les autres membres vont avoir tendance à ponctionner les végétaux et les faire mourir. Les deux clans se font la guerre et la bataille est logiquement gagnée par la population qui est la plus importante.

Peuvent-elles faire beaucoup de dégâts ?

Certaines sont vraiment destructrices. Il existe des punaises qui enfoncent leur rostre directement dans les graines, d’autres qui ponctionnent les boutons de fleurs, ou la sève directement dans la tige. Ces piqûres provoquent des taches, de la pourriture et la plante peut même en souffrir.

Est-ce qu’elles se reproduisent beaucoup ?

Elles n’ont qu’une seule portée par an, au début du printemps ou en été. C’est peu par rapport à d’autres insectes – comme les pucerons – capables de produire plusieurs générations par an.

Œufs de punaise verte ©thomasmales
Œufs de punaise verte ©thomasmales

Est-ce facile à identifier une punaise au jardin ?

Pour faire très simple, les punaises ont deux paires d’ailes comme tous les insectes. Mais chez elles, la paire d’ailes antérieure est en partie dure. Et elles ont six petites pattes.

Les punaises de jardin les plus courantes

La punaise verte (ou punaise verte des bois)

Palomena prasina est entièrement verte sur sa face dorsale sauf en hiver où elle brunit. Elle est polyphage, se régale de la sève des plantes et des fruits. Quand le froid arrive, elle cherche souvent à entrer dans les maisons.

©Nigel Harris
©Nigel Harris
©photographer
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Les gendarmes (Pyrrhocoris apterus)

On les connaît bien ! Ils sont capables de se retrouver à plusieurs dizaines sur une même plante, les hibiscus de jardin notamment. Il est facile de les observer surtout quand ils sont occupés à se reproduire : le crac-crac peut en effet durer 7 jours !

La punaise diabolique. Lire ICI notre article consacré à cette mauvaise bestiole.

La punaise nébuleuse ou punaise grise (Rhaphigaster nebulosa)

À ne pas confondre avec la punaise diabolique. Pour la différencier : elle présente des antennes annelées bicolores ; sous son corps, on peut observer une aiguille. Elle mange de tout, des plantes comme des insectes. Quand on la dérange, elle émet une sécrétion qui peut être nocive… en cas d’ingestion seulement (ça devrait le faire, pas très envie d’un ragoût de punaise).

©Wirestock
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Comment limiter les populations

-La pose de filets à insectes est efficace.

-La décoction d’ail en pulvérisation a fait ses preuves.

-Vous pouvez aussi pulvériser de l’huile essentielle de menthe (10 à 12 gouttes) diluée dans un demi-litre d’eau. Recette de grand-mère jamais essayée.

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