Bon, alors, si on vous dit, tu vas voir la clématite des haies c’est génial, réfléchissez bien avant de planter. Clematis vitalba dans un petit jardin, c’est une vraie purge (mot poli pour dire saloperie…). Dans un grand jardin, en revanche, ce n’est que du bonheur !

Contre : saleté de bon sang de clématite des haies
Dans mon ancien jardin de la banlieue parisienne, j’ai eu la « riche » idée de céder à la tentation de planter une C. vitalba. Je me suis dit : waouh, super, une plante qui va coloniser la clôture pas très belle , s’enrouler autour des piquets de vieux bétons des années 40 (oui, oui, le constructeur de la maison et de la clôture était maçon, spécialiste du béton armé…), fleurir au point de faire disparaître cette mocheté…
La première année, super, la clématite des haies a bien pris, plantée au pied d’un Hydrangea paniculata ‘Vanille Fraise’ et dirigée vers le « belle » clôture plantée à l’avant d’un Kerria japonica, d’un troène, d’un abélia ‘Edward Goucher’ et autres babioles.
La seconde année, la tige principale a triplé de volume et les rameaux commencent à bien faire ce qu’ils veulent. Je coupe, je dirige, j’oriente, je surveille l’indisciplinée.
La troisième année, après quinze jours de vacances estivales, je découvre le culot de la C. vitalba. Elle a crapahuté partout, a conquis l’arbre de soie, étouffé les crocosmias, a poussé -je jure que c’est vrai – de 3 ou 4 mètres de ton côté. Il est vrai qu’il a beaucoup plu, mais quand même.
Les autres années, j’ai taillé la clématite des haies quasiment à la base, laissant une quarantaine de centimètres de la tige principale en me disant, « elle ne va pas être contente, elle va finir par faire la gueule, elle va arrêter de pousser… » Tu parles ? Chaque année, j’ai dû la dompter, la couper dans tous les sens, mais je ne l’ai pas déracinée. Une façon de rendre hommage à sa vigueur, son obstination. Respect, finalement…
Pour : je l’adore, elle colonise la clôture et fleurit mon grillage !
Dans mon nouveau jardin du Midi, la terre est pauvre, ingrate, acide qui plus est, et on s’arrache pour faire pousser des plantes supportant la chaleur, la sécheresse et des fruitiers productifs (pistachiers, abricotiers, poivrier du Sechuan…). Certaines expériences échouent lamentablement, d’autres connaissent un peu de succès, mais rien ne vaut en fait l’observation et la liberté accordée aux sauvages.
Parmi ces sauvageonnes figure en bonne plante la clématite des haies. Elle est venue dans mon jardin, s’est invitée sans carton et je l’ai regardé vivre. À la première pluie, elle s’est réveillée au printemps et si elle n’a pas atteint les 6 ou 8 mètres de longueur qu’on aurait pu attendre, elle a tout de même réussi une poussée sur 4 à 5 mètres jusqu’au fameux grillage qu’elle a habillé de ses vrilles, ses feuilles et ses petites fleurs blanches attendrissantes. Elle a aussi décidé de s’installer dans une jardinière avec… des Senecio mandraliscae, des Echeveria et des Kalanchoe thyrsiflora. Cette association dure depuis 3 ans et tout ce petit monde s’entend bien. La clématite des haies s’est enroulée autour du séenecio sans lui faire de mal et ses rameaux commencent à dégringoler le long de la façade.



