Chez les sauvages, avec Aline Charlot

Chez les sauvages, la pépinière d'Aline Charlot
Didier Hirsch

AAline Charlot est installée en Ariège depuis une quinzaine d’années. Voilà trois ans, elle a ouvert sa pépinière Les sauvages, au pied des Pyrénées. Comme son nom l’indique, elle est spécialisée dans la production de plantes sauvages dont elle récolte les graines dans un territoire encore préservé.

HF : Pourquoi avoir choisi l’Ariège pour installer ta pépinière ?

Aline Charlot : L’Ariège est un territoire encore assez préservé, assez riche en diversité végétale. Je connais bien les stations où poussent les plantes sauvages dont je récolte les graines. Je choisis toujours des stations assez grosses pour ne pas impacter le milieu par mes prélèvements.

C’est quoi une station ?

C’est une zone caractéristique en termes de sol, d’exposition qui correspond aux besoins d’une plante. 

Quelles sont les difficultés d’une récolte en pleine nature ?

Il faut avant tout évidemment bien connaître les plantes. Ça tombe sous le sens, mais cela demande des années de travail, de reconnaissance avant de se lancer dans la récolte dans la nature. Sur zone, il faut prendre des notes, identifier les plantes, ne pas mélanger les graines. J’ai suivi pour cela une formation horticole classique et une spécialisation de jardinier botaniste. Quand je trouve un site intéressant, j’y retourne souvent pour l’observer à différents moments de l’année, voire du mois. Il faut que je connaisse l’évolution de ces plantes avant de les conseiller à mes clients. Et j’apprends chaque jour en travaillant dans ma pépinière. 

Chez les sauvages avec Aline Charlot
©Les sauvages

Tu vends des plantes, des graines, les deux ?

Je ne vends que des plantes, celles que je produis dans ma pépinière. Toutes les graines que je collecte sont destinées uniquement à la multiplication en pépinière.

Les choix d’Aline Charlot

Pour des plantations en zones ombragées et fraîches

La clématite des haies (C. vitalba) : elle peut se montrer très, voire trop exubérante, envahissante, mais elle constitue une niche économique extraordinaire pour une foule d’insectes et d’oiseaux.

chez les sauvages chez Annie Charlot
©J.F. Gaffard

La colombine plumeuse : on l’appelle aussi le pigamon à feuilles d’ancolie (Thalictrum aquilegifolium). J’aime sa légèreté, son élégance et sa floraison tout en délicatesse qui attire les pollinisateurs. Cette vivace herbacée disparaît en hiver, et revient fidèlement au printemps.

Chez les sauvages, avec Aline Charlot
©Les Sauvages
Chez les sauvages avec Aline Charlot
©Les sauvages

L’angélique des bois (Angelica sylvestris) : médicinale et comestible (feuilles et graines). Elle fleurit en belles ombelles blanches à rose de juillet à septembre. C’est une bisannuelle. 

Les géraniums sauvages vivaces : j’aime la floraison estivale mauve du géranium des bois (G. sylvaticum), la longue floraison mauve pâle du géranium des prés (G. pratense), et les petites fleurs pourpre-grenat du géranium livide (G. phaeum).

Chez les sauvages, avec Aline Charlot
©Isabelle Morand

Pour les zones ensoleillées et fraîches 

Chez les sauvages, avec Aline Charlot
©Jeffdelonge (cc-by-sa-

La succise (Succisa pratensis) : c’est une vivace la même famille que la scabieuse (Scabiosa). Sa floraison est automnale, et ses fleurs bleues une aubaine pour les papillons, notamment pour le damier de la succise (Euphydryas aurinia) qui est protégé en France.

L’eupatoire à feuilles de chanvre (Eupatorium cannabinum) : elle offre une floraison automnale toute plumeuse qui attire les papillons. On la voit souvent sur les bords de talus ensoleillés et un peu humides. Elle peut atteindre 1,5 m de haut. 

Chez les sauvages avec Aline Charlot
©Ada Hofman

Pour des coins secs et ensoleillés

Silene Vulgaris
©Bloem

Le silène enflé (Silene vulgaris) : il apprécie les terrains secs. On le connaît souvent sans connaître son nom. Ses jeunes pousses sont comestibles au printemps. Il fleurit d’avril à septembre, avec un petit ventre rond. Les enfants le surnomment le « claquet » car quand on appuie sur la fleur, ça fait comme un petit bruit de pétard.  Au Québec, on l’appelle le « péteux ».

En cuisine : les jeunes feuilles du silène enflé peuvent être consommées comme des légumes, intégrées à des salades ou à des potages. Leur goût fait penser à la fois à celui des asperges et des petits pois. À Ibiza, à Pâques, les feuilles sont utilisées dans le « Cuinat », un ragoût végétarien. En Italie, en Vénétie, les feuilles sont hachées et ajoutées dans des plats traditionnels comme les minestrones. Elles parfument aussi les pâtes. 

La cupidone bleue (Catananche caerulea) : on l’appelle aussi le cigalou. Quand elle a terminé sa floraison se forme un petit fruit qui ressemble à du papier. Quand on le froisse, on dirait un petit bruit de cigale. C’est une plante qu’on trouve beaucoup dans les zones méditerranéennes. Elle fleurit de mai à août, et pousse bien en sol calcaire. 

Chez les sauvages, avec Aline Charlot
©Les sauvages

Pour un endroit ingrat

La linaire commune (Linaria vulgaris) : on a la trouve souvent en bord de pré. Elle est très facile à cultiver et on profite longtemps de sa floraison, en grappes jaune soufre et jaune d’or de juin à septembre. Elle est très visitée par les grosses abeilles charpentières. C’est une plante qui s’étale beaucoup grâce à ses racines. Elle est traçante, exubérante, parfaite pour végétaliser des endroits larges et un peu ingrats. Ne l’installez pas en petite bordure, elle ne se tiendra pas sage du tout.

Chez les sauvages avec Aline Charlot
©Maja Dumat (cc-by-sa)
chez les auvages, avec Aline Charlot
©Isabelle Morand

La sauge des prés, l’une des plantes préférées d’Aline

C’est une sauge (Salvia pratensis) très différente des autres et elle pousse spontanément en France. C’est vraiment une très belle plante qui fleurit en fin de printemps, début d’été. Les fleurs, nectarifères et comestibles, sont d’un magnifique bleu intense. Le feuillage a un parfum de cassis. Elle peut offrir une nouvelle floraison en fin d’été. 

Dans le catalogue des Sauvages

Je suis partie en exploration dans le catalogue d’Aline dédié aux jolies sauvages. Comme on apprend tous les jours, j’ai découvert…

  • Le caille-lait (Galium verum) : une vivace couvre-sol à la longue floraison estivale, jaune. On l’appelle caille-lait car elle aurait servi à faire cailler le lait pour fabriquer du fromage. 
  • L’esparcette (Onobrychis viciifolia) : de la famille des Fabacées, c’est une plante médicinale, très mellifère. Fleurit en grappes serrées roses veinées de pourpre, de mai à août. 
  • L’hippocrépide à toupet (Hippocrepis comosa) : une petite vivace de terrain sec. Les fleurs jaunes ont une drôle de forme, un peu tête en bas. Elles sont très nectarifères et fréquentées par de nombreux papillons. 
  • Polygale du calcaire (Polygala calcarea) : petite vivace qui fleurit bleu au printemps. À cultiver en rocaille calcaire.
  • La trompette de méduse (Narcissus bulbocodium) : des fleurs jaunes, fines, délicates, très parfumées. Attention, toute la plante est toxique, surtout le bulbe.
Chez les sauvages avec Aline Charlot
©Les sauvages
Chez les sauvages, avec Aline Charlot
©Les sauvages
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