Au jardin de Basroger dans le Cotentin

Dans le Cotentin, Maryvonne et Léon Faligot cultivent leur jardin à 4 mains. Une balade merveilleuse dans le jardin de Basroger parmi les massifs de vivaces,  les parfums de plusieurs dizaines de rosiers, la floraison d’arbustes plus ou moins rares et des trouvailles déco dont peut s’inspirer ! J’ai eu un coup de cœur pour ce jardin… et ses propriétaires ! 

Maryvonne et Léon Faligot - Hortus Focus©Un bassin, des lapins, des sapins (mais pas de jardin) 

” Quand nous avons fait construire la maison, nous étions bien loin d’imaginer avoir un jardin comme aujourd’hui. En revanche, la fonction vivrière était déjà centrale avec un grand potager. Nous voulions de la nourriture saine pour toute la famille. Et puis, un potager, ça permet de faire des économies ! À l’époque, nous avons juste créé le bassin devant la maison pour répondre à un besoin : la gestion des eaux de pluie. Aujourd’hui, nous aurions sans doute une citerne enterrée de 5000 L, pas un bassin. Cela ne me plaisait pas d’envoyer toutes les eaux de pluie à la route. Alors on a creusé. Et comme nous n’avions pas de moyen pour évacuer la terre, nous avons fait une butte derrière le bassin, un petit accident de relief comme on dit… “

Delphinium - Jardin de Basroger - Hortus Focus

Delphinium ©Didier Hirsch

On rase tout, on recommence ! 

” Dans les années 90, nous commençons un premier jardin… pour meubler le terrain, avec des plantes qui ne coutent pas cher et qui poussent bien. On se retrouve alors, comme plein de jeunes, avec des sapins qui poussent au ras de la maison. Résultat : été comme hiver, chez nous, il fait nuit ! Nous prenons alors la décision de tout virer pour tout recommencer. Tous les arbres sont arrachés, à mon grand désespoir aujourd’hui, car on a fait des petites erreurs. Certains auraient pu rester parmi nous, être travaillés en nuage. Le potager est toujours là, le bassin aussi, mais il n’y avait plus rien d’autre !”

Do you speak gardening ? 

” À l’époque, nos enfants sont encore jeunes, nous souhaitons qu’ils soient ouverts sur le monde, et nous prenons donc des abonnements aux chaînes de télévision anglaises. Et là, avec Maryvonne, on se prend de passion pour le billard… et le jardinage !  On regarde des émissions incroyables sur les jardins, et on commence à voyager en Angleterre, aux Pays-Bas. Pour la petite histoire, en allant à Keukenhof, je découvre un arbre magnifique en fleurs le long des autoroutes belges : l’amélanchier. Arrivé aux Pays-Bas, je n’ai qu’une hâte, acheter un amélanchier (il est toujours dans le jardin). À ma grande surprise, je plante le mien et en découvre un autre dans un jardin à 500 m d’ici. Comme quoi, quand on s’intéresse… on trouve toujours !”

La naissance de l’actuel Jardin de Basroger 

” Depuis, avec Maryvonne, nous pensons jardin et nous entretenons à quatre mains. Nous ne sommes ni botanistes, ni jardiniers de formation, mais de grands passionnés de plantes. On introduit les plantes au fur et à mesure de nos découvertes et coups de cœur, sans schéma. On installe des massifs. Je n’ai pas le tempérament d’un collectionneur, mais les années passant, j’avoue aimer les challenges, les plantes difficiles à cultiver. Les étiquettes dans le jardin, ce n’est pas pour en faire un jardin botanique, c’est pour bien renseigner les visiteurs. Je n’ai pas la mémoire des noms, Maryvonne beaucoup plus !”

Jardin de Basroger - Hortus Focus

Clématite ‘Mme Lecoultre’ ©Isabelle Morand

Les plantes font bien ce qu’elles veulent  

” Je ne suis pas dans l’esprit de gagner, car la plante est plus forte que nous ! Je m’obstine, mais elle gagne bien souvent. Peut-être ne sera-ce pas le cas l’arbre à feu du Chili (Embothrium coccineum). Je le veux à un endroit bien précis, cela fait déjà deux plantes qui refusent de pousser. Maryvonne m’a mis un ultimatum : une dernière chance, et puis c’est tout. Alors, je me suis vraiment bien renseigné sur ses besoins et là, je crois qu’on a trouvé sa place. En 6 mois, il a doublé de taille et il a fleuri dès sa première année…

Au chapitre des challenges, nous avons réussi dans le jardin la culture d’un pavot en arbre. J’ai découvert le Romneya coultheri dans un livre de Stéphane Marie. Je me suis dit : “Celui-là, avec ses fleurs blanches à coeur jaune il me le faut absolument !”. Je téléphone aux pépinières du Val d’Ouve. Le propriétaire, réticent (car le Romneya est difficile à cultiver par chez nous), finit par me vendre un exemplaire qu’il avait dans sa cour. J’ai bien respecté ses besoins et aujourd’hui, il galope, au point d’en devenir presque envahissant, mais il est si beau… “

Ces plantes qu’on finit par exécrer !

” Il y les plantes dont on ne se lasse pas, les hostas, les rosiers parmi lesquels les rosiers normands, les clématites, les arbustes un peu rares. Et puis, il y a les plantes qu’on ne peut plus voir en peinture pour diverses raisons au bout de 4 à 5 ans : les miscanthus, les cordylines, par exemple, mis à toutes les sauces. Quant au phormium, la conclusion est sans appel : il n’aime pas l’humidité ni le vent du Cotentin. Ouste, dehors !”

Jardin de Basroger - Hortus Focus

©Didier Hirsch

La permaculture, pfffff….

” Dans notre potager, nous ne pratiquons pas la permaculture. Ce mot à la mode, utilisé à tout bout de champ, finit par me hérisser le poil ! Je cultive simplement notre potager comme le faisaient mon père et mon grand-père. Avec du bon sens et quelques astuces familiales, notamment dans la culture des poireaux. Quand je repique mes poireaux, je les praline avec de la bouse de vache. Je peux vous dire qu’un poireau praliné à la bouse de vache, il est arrosé une fois à la plantation et, après plus jamais. Je ne sais ce qui se passe entre le plant, la bouse et le sol, mais je peux vous assurer que cela fonctionne. Je ne changerais de méthode pour rien au monde !”

Le jardin de Basroger de Maryvonne et Léon Faligot est ouvert sur RDV de juillet à septembre. Entrée : 4 €. Accueil de groupes sur demande. Contact : leon.faligot@wanadoo.fr. Tel : 02 33 41 01 27 ou 07 87 35 23 01. Jardin accessible aux handicapés. Parking voiture et bus.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial