Les Jardins de la Paix : mémoire de guerre et messages d’espoir…

Les Jardins de la Paix se déploient tout au long de la ligne de front, dans les Hauts-de-France, lançant leur beau message de paix et de vie sur ces terres où périrent des milliers de soldats, lors de la Grande Guerre. Une réalisation qui prend une nouvelle actualité dans le contexte belliqueux que nous connaissons aujourd’hui. Cinq d’entre eux nous ont particulièrement plu ou marqué.

Un peu d’histoire…

En 2018, au moment de la célébration du centenaire de la Grande Guerre (ou plus exactement de la fin de la Grande Guerre), Gilbert Fillinger, Directeur d’Art&Jardins/Hauts-de-France eut l’heureuse idée de faire réaliser des Jardins de la Paix dans cette région si touchée par la mort et les combats. « Parce que le jardin est résilience. Parce que la Paix appartient à tous les protagonistes d’un conflit, nous avons entrepris, patiemment et avec conviction, de réunir le long de la ligne de front paysagistes et architectes des pays belligérants pour créer des jardins aux couleurs des nations meurtries dans le conflit » explique-t-il.

Ainsi sont nés 33 Jardins de la Paix, un parcours paysager unique en Europe. Il y a le jardin franco-allemand, les jardins irlandais et nord-irlandais. Les jardins écossais, italien, algérien. Mais aussi tchèque, slovaque, polonais, néo-zélandais… Chaque année en naissent de nouveaux. D’ici à 2025, leur nombre devrait atteindre la quarantaine.

Le Jardin du troisième train

Par Marc Blume (paysagiste allemand), Gilles Brusset (artiste français) et Francesca Liggieri (architecte italienne). 

Cette réalisation franco-allemande se niche dans la forêt de Compiègne. Près de la Clairière de l’Armistice, lieu même où ce dernier fut signé  le 11 novembre 1918, dans un wagon de train devenu mythique.

Jardin du Troisième Train ©Valérie Collet
Jardin du Troisième Train ©Valérie Collet

Le Jardin occupe le sous-bois qui y mène (depuis le parking). Il s’inspire à la fois du dessin des tranchées et du réseau mycélien. Toute une série d’allées sinueuses invite à la promenade ponctuée de petits parterres ronds où poussent plantes et arbres. Avec au beau milieu, un élégant banc noir de 80 mètres de long scintillant de dizaines de petits miroirs. Il invite à s’asseoir, à se reposer, à méditer… à l’image d’un troisième train, celui de la paix.

Le Jardin d’Eutychia

Par Peter Donegan (Irlande) et Ian Price (Irlande du Nord)

C’est Péronne qui l’accueille, cette ville de la Somme qui subit de nombreuses destructions tout au long de son histoire, en particulier durant la Grande Guerre. Ce jardin joyeux se niche dans les douves du château. Son nom est celui de la déesse grecque du bonheur et de la prospérité. Il comporte trois demi-cercles de plantes (en référence aux trois feuilles du trèfle irlandais) où poussent des bouleaux à l’écorce blanche, symbole de paix. L’aubépine y a aussi sa place. Une plante emblématique de la culture celtique où on lira le retour à la vie et à la paix. Dans un coin, des tables de pique-nique incitent au partage et à la convivialité. En leur centre y poussent des arbres fruitiers où chacun pourra cueillir poires, pommes ou cerises. Un jardin du paradis…

Jardin d'Eutychia ©Valérie Collet
Jardin d'Eutychia ©Valérie Collet

Pax Dryades

Par Helen et James Besson (Grande-Bretagne)

Situé à Thiepval, dans la Somme, ce jardin anglais par excellence a été planté sur le lieu de bataille des Britanniques contre les Allemands. Sous le signe des esprits féminins de la nature (les Dryades), il est planté de viornes, cornouillers, aubépines, érables et thuyas.

Pax Dryades - Jardins de la Paix
Pax Dryades ©V.Collet

Sa forme est celle d’un champ de bataille inversé. Avec des mottes de craie à la place des trous d’obus en référence au fait que la craie remonte à travers la terre quand celle-ci comporte des bombes. L’idée est de laisser la nature reprendre ses droits…

La Marche de la Paix

Par le collectif NAZDAR : Lenka Drevjana, Zuzana Nemeckova (paysagistes tchèques) et Miroslava Stanekova (architecte slovaque)

Il se trouve à Neuville-Saint-Vaast, dans le Pas de Calais, une commune pas tout à fait comme les autres, qui accueille les sépultures de 11443 soldats français de la Grande Guerre (la nécropole de la Targette) ainsi qu’un cimetière tchécoslovaque. C’est à proximité de ce dernier qu’a été planté ce jardin simple et beau. Il nous invite à cheminer  sur des sentiers sinueux, au milieu de bois plantés de tilleuls, arbres emblématiques de la Tchéquie et de la Slovaquie. Au printemps, des nuées de narcisses blancs mariés aux herbes hautes et aux graminées contribuent à l’idée d’espoir et de paix.

Marche de la Paix
La Marche de la Paix ©V.Collet
Drapeau - Jardins de la Paix
Drapeau ©V.Collet

Drapeau

Par Karyna Saint-Pierre, Pierre-Yves Diehl et Julie Parenteau 

Le 9 avril 1917, plus de 100 000 Canadiens et leurs alliés attaquèrent la crête de Vimy, afin de capturer un bastion allemand et de contrôler le terrain surélevé surplombant la plaine de Douai. Ces faits d’armes furent récompensés par une victoire. C’est donc dans cette commune du Pas-de-Calais que fut établi le mémorial national. Puis le vaste Jardin de la Paix du Canada.

Entre deux pinèdes, une clairière de fleurs blanches plantée d’amélanchiers s’inspire d’une forêt boréale et des paysages enneigés de ce pays… Le lieu est très beau, à l’image de la nature canadienne, malgré un sol cabossé par les bombes. Le vent y joue avec la végétation comme s’il agitait un drapeau blanc.

Les Jardins de la Paix sont accessibles toute l’année, à toute heure, gratuitement. Plus d’informations, cliquez  ICI

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