Catherine et son mari, Jean-Pierre, vivent pour leur jardin, mais surtout pour leurs rosiers. Ils cultivent une collection exceptionnelle dans le Puy-de-Dôme, à Charbonnières-les-Varennes. La Rose des prairies, une visite à programmer pour tous les amoureux des roses (et tous les curieux !).
Hortus Focus : de quand date votre passion pour les roses ?
Catherine Chabry : je devais avoir 4 ans quand j’ai découvert la beauté des rosiers dans le jardin de ma grand-mère. Elle cultivait une trentaine de rosiers ; je trouvais les fleurs tellement belles, leur parfum enivrant, leurs couleurs sublimes… Les roses m’émeuvent depuis toute petite et toute ma vie, j’ai voulu faire aimer les roses.

Avez-vous toujours cultivé vos rosiers ?
J’ai commencé dans le jardin de ma grand-mère. Quand nous sommes arrivés ici voilà plus de 20 ans, nous avons restauré l’immense grange où nous habitons et j’ai démarré le jardin et la plantation de mes rosiers. Nous cultivons aussi notre potager, un petit jardin secret et 3 hectares consacrés à la production et l’expérimentation de rosiers.
Que trouve-t-on dans ces 3 hectares ?
On y trouve mes propres rosiers, ceux que je crée, mais aussi tout ce que je peux glaner dans les catalogues partout dans le monde entier, notamment chez le producteur serbe Petrovic qui possède 8000 variétés. Dans mon jardin poussent 1600 rosiers différents, ce qui commence à faire beaucoup. Je devrais me calmer, mais j’ai du mal à m’arrêter !

Jardinez-vous à deux mains ou à quatre mains ?
Mon mari m’aide beaucoup pour la tonte, le désherbage, l’entretien des allées engazonnées. Pour ce qui est des rosiers, j’en ai planté beaucoup moi-même. Maintenant, j’en plante moins, car, l’âge venant, je me fatigue beaucoup plus vite, et mon corps est moins souple évidemment. Mais la rose donne tellement de bonheur et d’espoir… C’est une passion. On n’en dort plus la nuit. La rose est tellement belle, tellement émouvante par son parfum, par sa forme, par ses couleurs. Et puis, ça vous donne de la joie, de la beauté. Ça donne de la beauté à votre vie.


Votre jardin est-il composé exclusivement de rosiers ?
Bien sûr que non ! Dans notre jardin, vous trouverez beaucoup d’arbres à fleurs, du tilleul de Henry (Tilia henryana) pour son parfum, du Sophora pour sa beauté, des essences rares et belles, beaucoup de fleurs vivaces.

Créez-vous vos propres roses ?
Oui, j’hybride un peu. J’en ai créé une pour mon petit-fils Félix. Il s’agit d’une variété parfumée, grimpante au feuillage panaché. J’ai aussi créé une rose pour un Antoine Serre, un habitant de notre commune qui est tombé au Mali le 25 novembre 2019. Pour lui, j’ai hybridé ‘Capitaine Basroger’ avec un rosier à feuillage panaché. Nous avons aussi nommé une rose aux pétales saumonés du nom de ‘Oscar’, un petit garçon handicapé venu visiter le jardin avec sa maman.
Comment avez-vous dessiné votre Rose des prairies ?
Le tracé s’est imposé grâce aux chevaux qui paissaient là avant. Ils avaient dessiné de leurs sabots une allée centrale un peu serpentine que nous avons conservée. Tout est parti de cette allée. Nous avons ensuite créé des sentiers, des petites allées…
Êtes-vous obligée d’arroser un peu, beaucoup ?
Nous avons installé un système d’arrosage automatique, mais on s’en sert très peu, car le jardin est très humide. À l’origine, le terrain s’appelait la Naute, c’est dire si c’est plein d’eau.
L’eau est donc moins un souci que les animaux ?
Eh oui, les chevreuils viennent régulièrement se taper la cloche. Ils sont charmants, mais dévorent les boutons de rose et les rosiers. Ils savent qu’ici le restaurant est bon, alors ils viennent en famille. Au début, je les chassais, maintenant on partage. Je les préfère de toute façon aux sangliers qui fichent la pelouse en l’air.

Avez-vous des roses préférées ?
J’aime énormément ‘Yolande d’Aragon’, le premier rosier hybride remontant, nommé en l’honneur de la reine de Bourbon-Parme, de Sicile et d’Anjou. J’aime aussi beaucoup ‘Abraham Darby’ pour ses parfums de pêche, pamplemousse et foin coupé.
D’autres coups de cœur ?
‘Duchesse de Rohan’ sent la violette, ‘Sénégal’ sent la framboise, la cire d’abeille et le citron. Je reconnais ce parfum entre mille autres. Dans un jardin, je sens immédiatement si un ‘Sénégal’ est planté !

La Rose des Prairies, Dourioux, 63410 Charbonnières-les-Varennes. Tél : 04 73 86 65 40.

