Comme le colibri ,et, dans une moindre mesure l’hélicoptère, le moro-sphinx est doué pour le vol stationnaire. Et sa longue trompe lui permet de butiner nombre de fleurs. Facile à observer chez nous, car diurne, ce papillon prend ses quartiers d’hiver en Espagne, Italie, Afrique du Nord.
Un champion chez les papillons
Macroglossum stellatarum est un cas à part chez les papillons. Il est capable de battre des ailes 75 fois par seconde et sa vitesse de pointe s’établir à quelques 50 km/h. Pas mal, mais un peu moins rapide que l’hespérie de l’olivier (Ephyriades arcas arcas) qui fonce à quelque 60 km/h. Quant à la noctuelle baignée (Agrostis ipsilon), avec le vent dans le dos, on a calculé qu’il pouvait faire des pointes à plus de 110 km/h !

La trompe du paradis… ou de l’enfer
Sa grande langue (deux à trois fois la longueur de son corps) permet au moro-sphinx, en vol stationnaire, de butiner du nectar dans des fleurs que les autres butineurs ne peuvent généralement pas atteindre. Il adore les sauges, les valérianes, les lavandes, les arbres à papillons, les phlox, les chèvrefeuilles… Mais d’autres plantes peuvent aussi se révéler un piège comme l’onagre rose (Œnothera speciosa). Le papillon peut se coincer la langue dans la fleur, il a beau battre des ailes et encore battre des ailes, il ne parvient pas à se dégager et finit par mourir d’épuisement.

Comment reconnaître un moro-sphinx ?
Hyper facile grâce à sa grande langue, d’autant plus que ce papillon vole durant la journée. Le moro-spinx est costaud. Son corps poilu est gris brun, et son abdomen tacheté de blanc. Le dessus des ailes antérieures est brun beige tandis qu’il est orangé sur les ailes postérieures. On le croise partout, très souvent dans le Sud, mais aussi l’été dans le Nord, à la campagne comme en ville où il est susceptible de venir butiner dans les jardinières bien ensoleillées.
Du côté de la reproduction du moro-sphinx
L’accouplement aurait lieu en vol. La femelle pond un œuf, puis un œuf parfois deux principalement sur sa plante hôte principale, le caille-lait (Galium) à plusieurs dizaines de reprises. La chenille, qui naît au bout de 8 jours, est verte, rayée de blanc et jaune. Puis vient la métamorphose qui prend peu de temps avant de devenu un papillon adulte. On compte deux générations en une année, entre avril et novembre.

Pas forcément migrateur
Le moro-spinx est capable de parcourir 3000 km, ce qui lui permet de rejoindre le Maghreb, l’Espagne, l’Italie pour passer l’hiver. Mais dans la zone méditerranéenne, il fait suffisamment chaud pour lui et il n’a pas besoin de s’en aller. Ce qui explique qu’on le voit butiner même en hiver.

