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Quel poirier planter chez vous ?

quel poirier cultiver chez vous
Maharamk

Avant de planter un poirier, posez-vous les bonnes questions… Quelle est la meilleure forme à adopter pour votre jardin ou votre verger ? Quelle(s) variété(s) choisir ? Les conseils de Thierry Garnier. Sa pépinière Le Clos Normand est installée dans la Manche. En bonus : des petites histoires et une recette délicieuse ! 

Les principales formes cultivées – Avantages et/ou inconvénients

Gobelet : les branches partent à 50 cm du sol. C’est une forme libre, bien adaptée aux jardins de dimensions moyennes. Les fruits sont à portée de main et l’arbre se dompte facilement en hauteur. Durée de vie et de production : une quarantaine d’années.

Espalier / palmette : l’encombrement est réduit en largeur, en longueur et en hauteur. Cette forme permet donc de planter plusieurs variétés de poiriers dans un espace restreint. À installer contre un mur, une clôture ou en clôture libre. C’est une forme très adaptée aux petits jardins. Longévité : entre 60 et 80 ans.

Plein vent : le poirier (Pyrus communis) pousse comme il l’entend. À réserver aux grands vergers. Longévité : des dizaines et dizaines d’années, voire des centaines… 

Les poiriers précoces (juillet-août-septembre)

‘Williams’. C’est la poire la plus cultivée dans le monde. Cette poire (dont le vrai nom est ‘Bon Chrétien Williams’) est une vieille variété autofertile, originaire du Royaume-Uni. Elle est très juteuse, très parfumée. Chair blanche. Son épiderme est d’abord vert avant de passer au jaune. Bonne tenue à la cuisson. Bonne productivité. Attention, elle résiste mal aux chocs. C’était la variété de poires préférée de Jean-Baptiste de La Quintinie qui en fit planter au Potager du Roi à Versailles. Elle est sensible à la tavelure.

quel poirier planter
'Williams' jaune et rouge ©Mleprince
Poire Guyot
© Philippe DUFOUR/Interfel

‘Docteur Jules Guyot’. On la trouve aussi sous le nom de ‘Jules Guyot’, ‘Guyot’ ou ‘Dr. Jules Guyot’. Créée en 1870, elle porte le nom d’un célèbre médecin de l’Aube. Fruit allongé, à peau lisse jaune teinté de rouge. Il vaut mieux la cueillir verte et la laisser murir à la maison. Elle résiste à la tavelure. Récolte dès la seconde quinzaine d’août. 

‘Conférence’. gros de la récolte en septembre. Elle doit son nom à son premier prix obtenu lors de la Conférence internationale de la poire à Londres en 1885. C’est une excellente poire à couteau, de taille moyenne, à l’épiderme épais, vert-brun passant au jaune pâle à maturité. Si les conditions d’une bonne conservation sont réunies (fruitier ou cave aérée), on peut la garder jusqu’en janvier. Variété autofertile et de bonne productivité. 

poire conférence
© Philippe DUFOUR/Interfel
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©Ulysses Prentiss Hedrick

‘Beurré Giffard’ : la récolte peut démarrer dès la troisième semaine de juillet. La chair est super fondante, sucrée, parfumée. Comme toutes les poires d’été, elle ne se conserve pas super longtemps.

‘Précoce de Trévoux’. Variété obtenue en 1862 par un arboriculteur de l’Ain. Il s’agit d’un gros fruit, à l’épiderme jaune avec du rosé côté soleil.  Récolte en août. Chair bien juteuse, un brin acidulée, saveur rafraichissante. Cette variété résiste bien à la tavelure.

Les poires à récolter en septembre – octobre

‘Comice’. Cette variété, obtenue dans le jardin fruitier du Comice horticole d’Angers en 1848, produit des fruits volumineux avec une face toute rose. En 1894, le Journal d’Horticulture de Londres l’élit « meilleure poire du monde ». C’est la troisième poire vendue en France après ‘William’s’ et ‘Conférence’. Chair parfumée et bien fondante. Bonne poire à croquer. 

quel poirier planter
©Ulysses Prentiss Hedrick
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©Ulysses Prentiss Hedrick

‘Beurré Hardy’. Excellent fruit à chair fine, fondante et vraiment très parfumée. Elle serait issue d’un semis repéré vers 1820 à Boulogne-sur-Mer. La peau est épaisse, jaune lavé de fauve. Elle arrive à maturité mi-septembre. Bonne poire à couteau.

Poire général leclerc

‘Général Leclerc’. Une variété récente ; elle a été commercialisée en 1974, après trente ans d’observation et de culture dans les collections de l’INRAE. Récolte à partir du 10 septembre. L’épiderme est épais jaune avec comme plein de petites taches de rousseur. Chair fine et fondante. Souci : variété sensible à la tavelure, au feu bactérien et aux ravageurs (la totale quoi !).

Poire Jeanne d'Arc
©BIODIMESTICA

‘Jeanne d’Arc’. Si vous aimez les chairs un peu granuleuses, cette variété est pour vous ! Si vous n’aimez pas cette caractéristique, vous vous consolerez avec une chair qui est aussi sucrée, juteuse et légèrement acidulée. Vous pouvez la conserver jusqu’en décembre.

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©Rasbak (cc-by-sa)

‘Louise Bonne d’Avranches’. Ce poirier donne ses premiers fruits rapidement, au bout de 2 à 3 ans. C’est une variété très ancienne du nord de la France. Peau verte et carmin du côté du soleil. C’est une poire dont la chair a toutes les qualités (fine, sucrée, fondante, très juteuse) ce qui explique son utilisation en pâtisserie notamment. 

Parmi les poires les plus tardives (novembre – décembre)

‘Comtesse de Paris’. Une vieille variété (Dreux, 1882) qui produit de gros fruits jaunes avec des lenticelles brunes un peu partout. La reine des poires d’hiver, dit-on ! Chair jaunâtre, peau lisse. Très juteuse et parfumée.

quel poirier planter ?
©Isabelle Morand

‘Soldat Laboureur’. Mise à fruits précoce pour cette variété obtenue vers 1820.Elle produit d’excellents fruits à la chair fine et fondante (un vrai régal !).
Atout en plus : ce poirier est bien résistant aux maladies.

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©Alphonse mas (CC-by-sa

‘Passe-Crassane’. Depuis 1994, la plantation et la multiplication de cette variété sont interdites en France, en raison de son extrême sensibilité au feu bactérien. Les fruits en vente viennent de plantations existantes. Elle bénéficie de l’IGP ‘Pommes et Poires de Savoie’. Chair granuleuse et un peu astringente, tout le monde n’aime pas !

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©Frédéric Lagandré / cc-by-sa
Quel poirier planter
©Ulysses Prentiss Hedrick (cc-by-sa)

La ‘Cuisse de Dame’

Également nommée ‘Jargonelle’ et ‘Madeleine d’Angers’, elle était déjà cultivée déjà sous Louis XIV. L’abbaye de Valloires dans la Somme peut s’enorgueillir de détenir depuis 1756 un poirier ‘Cuisse de dame’. Cliquez ICI et vous verrez ce poirier cultivé en façade.

Les conseils de plantation de Thierry Garnier

  • Le poirier aime les sols plutôt frais et riches. N’hésitez donc pas à enrichir votre sol si besoin.
  • Il n’aime pas les terres sableuses ou fortement calcaires, les vents violents et froids, les longs épisodes de sécheresse.
  • Plantez deux variétés différentes pour vous assurer une pollinisation croisée et de belles productions : ‘Conférence’ + ‘Doyenne du Comice’ ; ‘Doyenne du Comice’ + ‘Williams’ : ‘Williams’ + ‘Conférence’; ‘Louise Bonne d’Avranches’ + ‘Comtesse de Paris’ ; ‘Docteur Jules Guyot’ + ‘Beurré Hardy’ ; ‘Jeanne d’Arc’ + ‘Doyenne du Comice’…
  • Creusez un trou du double du conteneur, aussi bien en largeur qu’en profondeur. Apportez une fumure de fond. Placez l’arbre, rebouchez, arrosez bien.
  • Le paillage n’est pas indispensable. L’arbre ne gèle pas. Ce sont les fleurs qui peuvent geler au printemps.
©Dimitri Kalioris
©Dimitri Kalioris

Quand et comment récolter les poires

Thierry Garnier : « Si on veut conserver les poires le plus longtemps possibles, il faut les cueillir sur le poirier avant leur maturité. Récoltées trop mûres, elles ne se conserveront pas bien. Cueillez-les et faites en murir quelques-unes dans la maison (comptez 15 jours à 3 semaines avant de les consommer), ou disposez-les idéalement dans un fruitier ou dans une pièce fraîche.» 

Les principales maladies du poirier

Moniliose : maladie fongique qui s’attaque aux fruits. Il suffit d’une petite blessure sur le fruit pour qu’un champignon s’installe. Les fruits pourrissent, on parle alors de fruits momifiés dont il faut débarrasser l’arbre à l’automne.

Chancre des arbres fruitiers à pépins : cette maladie cryptogamique touche le bois ou les fruits, elle s’attaque aux bourgeons, aux petits rameaux qui portent des plaies chancreuses. Sur les fruits, la maladie se manifeste uniquement sur les fruits mûrs qui pourrissent.

Tavelure : des champignons s’attaquent aux feuilles et aux fruits, déforment les premières et font souvent tomber les seconds. 

Feu bactérien : ça, c’est assez grave ! D’un seul coup, toutes les feuilles d’une même branche se dessèchent. La bactérie sévit. Coupez tout de suite les parties atteintes et brûlez-les. Ne les mettez pas au compost. La bactérie peut provoquer la mort d’un arbre rapidement. 

Tigre du poirier : des insectes (petites punaises) sont à l’œuvre, pompent la sève ce qui provoque la décoloration des feuilles des poiriers (les pommiers peuvent aussi souffrir de ces tigres). En fin d’été, l’arbre peut perdre une partie de ses feuilles, mais il s’en remettra. 

Rouille grillagée : sur les feuilles apparaissent des taches orange-rougeâtre ponctuées de marques noires. Rien d’inquiétant. En hiver, le champignon migre… vers les genévriers. 

Cécidomyie des feuilles du poirier : des asticots sont à l’attaque. Ils provoquent l’enroulement des feuilles qui se dessèchent. Rien de bien grave. Il suffit de supprimer les jeunes pousses atteintes. 

cultiver les poires
©liudmyla-liudmyla
maladie du poirier
rouille grillagée ©Natalya Vilman

La poire dans nos expressions communes

Se fendre la poire : en argot, la poire c’est le visage. Notamment celui de Louis Philippe dont le caricaturiste Charles Philipon a accentué la forme de poire du visage. Le roi est à l’origine d’une autre expression : « se payer la poire de quelqu’un ». 

Entre la poire et le fromage : au XVIIe siècle, on mangeait le fromage après les fruits. L’expression à l’origine signifiait donc « vers la fin du repas ». Avec le temps, elle s’est transformée en expression qualifiant un moment libre entre deux évènements. 

Être une bonne poire : c’est une personne naïve, crédule, qu’on trompe aussi facilement qu’une poire trop mûre tombe de l’arbre. 

Garder une poire pour la soif : le jus de la poire remplace l’eau si celle-ci vient à manquer. 

Couper la poire en deux : l’expression est utilisée en 1882 dans une saynète éponyme de Félix Galipaux et Lucien Cressonnois. Les deux personnages se mettent au défi de déclamer chacun leur texte en vers. Ils décident de déclamer alternativement 4 vers, coupant ainsi la poire… en deux. 

Les seins en poire : je ne vous fais pas un dessin…

La poire et le sexe

« La forme évasée vers le bas de la poire évoque la silhouette d’une femme au large bassin, et c’est pourquoi ce fruit possède une signification sexuelle dans la symbolique analytique » (Michel Cazenave, Encyclopédie des symboles, 1989). 

On peut dire que les poires ont inspiré des comparaisons plus ou moins flatteuses. Pour La Quintinie : « Les poires demandent qu’on les traite d’une manière douce, délicate et douillette comme si c’était, pour ainsi dire, de belles jeunes demoiselles ». Ben voyons… C’est tout de même plus sympa que le dicton franc-comtois : « Une femme et une poire qui se taisent sont bonnes » (y’a d’énormes baffes qui se perdent). Heureusement, en Saintonge, on s’occupe aussi un peu des hommes en évoquant les « poirillons » qui sautent dans les caleçons quand ils dansent. 

Quelques gourmandises à base de poire

  • Poiré du Pays d’Auge : pour ceux qui n’aiment pas le cidre. 
  • Poires tapées : en Touraine, on épluche les poires avant de les déshydrater et de les aplatir au platissoire. Elles se mangent sèches ou réhydratées pour être cuisinées. 
  • Eau-de-vie de poire ‘Williams’ : à consommer glacée ou servie avec des glaçons. 
  • Poire à lavement : ah non, pardon, ce n’est pas une gourmandise, désolée…

[Recettes]

Mariage de poires et Beaufort

Pour 4 personnes
Temps de préparation : 15 min
Temps de cuisson : 40 min

Ingrédients

  • 4 poires à chair ferme
  • 2 oignons rouges
  • 3 cuillerées à soupe de crème entière
  • 50 g de beurre doux
  • 2 cuillerées à soupe de poudre de noisette
  • 4 belles tranches de Beaufort ou de Comté
  • Thym
  • une cuillerée à soupe de noisettes concassées
Cave de Beaufort en Maurienne
Cave de Beaufort en Maurienne ©D.Kalioris

En novembre, il y a des coings à ramasser ou sur les étals. Vous pouvez reproduire la recette en changeant le fruit : pomme, coing ou carrément avec des cucurbitacées : potimarron, courge, potiron

Poire au Beaufort recette
©Ryzhkov

Préparation

Préchauffez le four à 210°C (th. 7).
Lavez et pelez les fruits. Choisissez les poires : les Conférences ou les Williams tiendront bien la cuisson.
Coupez-les en deux. Creusez l’intérieur en retirant le cœur et les pépins.

Déposez-les dans un plat beurré et faites-les cuire 30 minutes en les parsemant de noisettes de beurre.

Dans un bol, battez la crème, la poudre de noisette, les noisettes concassées et le thym.

Sortez les poires du four. Laissez refroidir 5 minutes, puis farcissez la cavité de chacun des demi-fruits avec le mélange et couvrez avec des tranches de beaufort. Enfournez pour 10 minutes.
Faites gratiner le dessus. Si possible, mixez le grill et la chaleur tournante.

Servez ce plat bien chaud entre la poire et le fromage !

Canette rôtie aux fruits caramélisés

Canette aux poires
©smspsy

Pour 4 personnes
Temps de préparation : 30 min
Temps de cuisson : 45 min pour la canette et 15-25 min pour les fruits

Ingrédients

Une canette

  • 2 poires Williams
  • 2 coings
  • 2 pommes Boskoop
  • 2 gros oignons rouges
  • 3 c à s de miel
  • 2 étoiles de badiane
  • 3 gousses d’ail
  • Un bouquet d’ail des ours
  • 100 g de beurre
  • 75 cl de vin blanc
  • 2 cuillerées à soupe de vinaigre de miel
  • Mie de pain
  • Piment d’Espelette , 5 baies et sel

Le canard se marrie remarquablement bien avec les fruits, vous pouvez tenter sur la même base de recette de choisir d’autres fruits : des agrumes, des figues, des courges au goût doux et sucré, des canneberges et des raisins secs en plus, mais aussi des figues sèches…
Vous pouvez augmenter légèrement le rapport d’acidité en utilisant du verjus ou choisir de cuire les fruits au vin rouge.

Préparation

Préchauffez le four à 210 °C.

Pelez l’ail, les oignons et les fruits. Pochez les fruits et les oignons dans le vin blanc. Réservez au bout d’un quart d’heure. Prenez l’équivalent de deux cuillerées à soupe de ce mélange et laissez cuire encore 25 min à feu doux.
Faites fondre l’ail des ours dans une noisette de beurre.

Pressez l’ail avec la purée de fruits au vin blanc, le vinaigre, les étoiles de badiane, l’ail des ours et le miel. Épaississez le mélange avec de la mie de pain pour farcir la canette, ajoutez du piment d’Espelette et des baies.

Recousez le croupion. Badigeonnez la volaille de beurre, saupoudrez légèrement de piment d’Espelette, salez et enfournez la canette 45 minutes. Tous les quarts d’heure, arrosez-la de jus et retournez-la.

Baissez la température à 150°C au dernier quart d’heure. Découpez les fruits que vous avez réservés et placez-les tout autour de la canette dans le jus afin qu’ils s’en gorgent.

Servez chaud : la canette, les fruits et la farce.

En accompagnement, vous pouvez opter pour du riz thaï ou des nouilles de riz fines, c’est très bon. Toutefois, des pâtes fraiches ou un bon écrasé de pommes de terre régalent également.

Espelette
Espelette ©Isabelle Vauconsant
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