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Série : d’où vient le nom des plantes ? (1)

©dr

Savez-vous pourquoi le Camellia s’appelle Camellia ? Et le dahlia ? Et l’aubriette ? Et le bégonia ? Et le pawlonia ? Et le clivia ? On lève le voile sur le nom des plantes… Enfin, juste quelques unes, on en garde pour une autre fois ! 

Le camélia en l’honneur d’un frère jésuite

Il était une fois Jiri Josef Camel (1661 – 1706), frère jésuite originaire de Moravie (dans l’actuelle République tchèque) envoyé aux Philippines pour répandre la bonne parole. Sur place, il est d’abord infirmier à Manille puis, parallèlement à sa mission, il se forme à la botanique pour soigner ses patients avec des plantes. Il commence à herboriser, dessiner et envoyer des échantillons de plantes, mais aussi d’animaux, notamment une peau de python de 30 m de long. Aux Philippines, les camélias ne poussent pas dans la nature. Camel n’a donc sans doute jamais vu cet arbuste. C’est Linné qui rend hommage au frère jésuite en donnant son nom à l’arbuste.

Georg Joseph Kamel
©Neznami
Camelia japonica

Le rudbeckia est suédois ! 

Enfin, pas vraiment, mais la plante vivace a été nommée en l’honneur des Olof Rudbeck père et fils, naturalistes suédois du XVIe siècle. Le Rudbeckia a été offert au botaniste anglais John Tradescant (ce nom vous dit quelque chose, j’imagine…) par un colon franco-canadien. Là, encore c’est Carl von Linné qui nomme la plante. Olof Rudbeck, qui était fermement persuadé que la Suède était l’Atlantide, fut en effet celui qui initia Linné à la botanique. 

Olof Rudbeck
©Peter Martin van Mytens
rudbeckia - rudbeckia - Nosyrevy

Le père David et son arbre aux mouchoirs

Un seul genre lui est dédié, Davidia, l’arbre aux mouchoirs. Normal, c’est le missionnaire botaniste français (1826 – 1900) qu’il la découvert pendant une expédition dans une montagne chinoise. Mais il a découvert tellement d’autres plantes qu’un grand nombre lui rend hommage : pas moins de 70 indications scientifiques se rapportent à lui. Vous en connaissez forcément quelques-unes ! Lilium davidii, Acer davidii, Buddleia davidii, Adonis davidii, Viburnum davidii 

Nous avons consacré un article plus complet au Père David, vous pouvez le lire ici. 

Armand David
©igaguri_1
©igaguri_1

Mort, mais toujours… vivant

Le jeu de mots est facile… Jean Vivant, décédé en 2010 à Orthez, dans les Pyrénées-Atlantiques, n’est sans doute pas le plus connu de nos naturalistes, mais il a effectué un travail impressionnant dans sa région natale. Il a légué un herbier d’environ 100 000 espèces au Conservatoire botanique national de Midi-Pyrénées. Deux plantes endémiques lui rendent hommage : la gesse de Vivant (Lathyrus vivantii) et l’épervière de Vivant (Hieracium vivantii). Comme il était également féru de mycologie, un genre de champignon porte son nom : Vivantia. 

 

 

 

 

Le peintre et l’aubriette

Peintre naturaliste, Claude Aubriet (1665-1742) est pendant deux ans le compagnon de Joseph Pitton de Tournefort quand le botaniste part en expédition au Moyen-Orient. Il peint des fleurs, des plantes, des papillons, des oiseaux, des poissons… Mais il faut attendre la fin du XVIIIe pour qu’un autre célèbre botanique, Michel Adanson, décide de nommer Aubrieta, ces herbacées vivaces qui nous ravissent chaque printemps…

Planche botanique Malva de Claude Aubriet
Planche botanique Malva de Claude Aubriet
aubriete
©marjorie anastacio

Vive Charlotte ! 

Charlotte Percy, duchesse de Northumberland, nait en 1787 dans une famille qui aime les plantes. Bon sang ne saurait mentir : elle se passionne pour la botanique et est la première à cultiver en Grande-Bretagne une plante venue d’Afrique australe. Des échantillons de cette plante ont été rassemblés par les naturalistes  William Burchell et John Bowie au début du XVIIIe. Vous avez trouvé le nom de cette plante ? Non, c’est normal. Elle ne s’appelle ni Charlotte ni Percy, mais Clivia ! Le Clivia a en effet été nommé en l’honneur de Lady Charlotte Florentia Clive, épouse du Hugh Percy, 3e duc de Northumberland. 

Charlotte Percy Clive
©William Oakley Burgess
©thejipen
©thejipen

Super Bégon !

On l’appelait à son époque « Le Grand Bégon » et il fut intendant de la de l’île de Saint-Domingue de 1682 à 1685, puis intendant de la Marine à Rochefort, en Charente-Maritime. Mais Michel  Bégon aussi un amoureux de botanique, et le célèbre naturaliste Charles Plumier, découvreur du Begonia, lui rend ainsi honneur. Si vous passez par Rochefort, ne manquez pas la visite du Conservatoire national du Bégonia (rue Charles Plumier !) qui rassemble la plus grande collection de bégonias du monde.

Michel Begon
©Jacques Lubin
Bégonias

Viva el dahlia !

1789, Révolution française ! Mais 1789, c’est aussi l’année de la  nomination du Dahlia. Mais qui lui a donné ce nom ? Classiquement, on va répondre Linné ! Pour une fois, c’est non ! Linné est mort depuis 11 ans. C’est donc une décision prise par l’abbé Antonio Cavanilles, botaniste à Madrid, récipiendaire d’un plant expédié par Vincente Cervantes, le directeur du Jardin botanique de Mexico. Mais pourquoi dahlia ? C’est un hommage au botaniste suédois Anders Dahl disparu prématurément à 38 ans, et ancien élève de Linné.  

Dahlia rouge
Dahlia Label Rouge 'Valentino'

Deux sœurs pour un Fittonia

Dans les nominations, les femmes sont présentes, mais ne font pas légion. Deux sœurs ont cependant trouvé grâce au regard de leurs confrères. Sarah Mary Fitton et sa sœur Elizabeth, Irlandaises sont les auteures de “Conversations on Botany” (publié anonymement en 1817), qui vulgarise la botanique à destination… des femmes. C’est un homme qui les met à l’honneur en 1865. Le botaniste belge Eugène Coemans nomme Fittonia une plante originaire de Colombie et du Pérou, et que nous cultivons aujourd’hui couramment en plante d’intérieur.  

Conversations on Botany
©dr

Magnolia for ever 

Dans sa nomenclature, Linné a retenu le nom de genre Magnolia attribué précédemment par le Père Charles Plumier à cet arbre originaire d’Asie. Un bel hommage à Pierre Magnol (1638-1715), directeur du Jardin botanique de Montpellier. Ce protestant dut abjurer sa foi, après la révocation de l’Édit de Nantes, pour obtenir une chaire à la Faculté de Médecine de Montpellier ce que lui refusait le roi jusque-là. On doit à Magnol la notion de famille dans la classification des végétaux, notion reprise et développée par Andason, Jussieu et enfin Linné. 

Pierre Magnol
©dr
Magnolia ©Jorge Antonio
Magnolia ©Jorge Antonio

L’arbre impérial

Le Paulownia, l’arbre qui fait des feuilles immenses et pousse à vitesse grand V, a été nommé en l’honneur d’Anna Pavlovna Romanova (1795-1865). Grande-duchesse, elle est la fille du tsar Paul Ier de Russie et petite-fille de la « Grande Catherine ». Par son mariage avec Guillaume II, elle devient Reine consort des Pays-Bas. Napoléon avait craqué pour elle après avoir divorcé de Joséphine de Beauharnais, mais les Romanov ont refusé d’accéder à la demande du « parvenu corse ». L’histoire ne dit pas si elle s’intéressait à la botanique ou s’en fichait comme de son premier diadème, mais le botaniste Philipp Franz von Siebold décida de nommer en son honneur le Paulownia, arbre originaire du nord de la Chine.

Anna Paulowna
Jan Baptist van der Hulst
Paulownia, l'arbre impérial
©Alexander Denisenko
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