ÀSaint-Nazaire, ce jeune ingénieur de 25 ans a créé l’Avant d’après. Cette jeune entreprise entend répondre à la question de son fondateur : comment être ingénieur et accompagner utilement le nécessaire mouvement de la société vers la sobriété ? Lorsqu’on est ingénieur, aux questions, on trouve des solutions !
Paul est ingénieur. Paul a 25 ans.
Après son bac, il décide de choisir ces études-la. Mais très vite, avec quelques autres, les discussions tournent autour du sens qu’il y a à développer des produits plus ou moins utiles. Se pose le problème de l’accroissement continu de la consommation d’énergie, alors que l’on sait qu’il faut la réduire. [ RTE s’attend à une consommation annuelle d’électricité en forte hausse, comprise entre 580 et 640 térawattheures en 2035, alors qu’en 2021 il tablait encore sur une consommation de 540 TWh.]

La marmite norvégienne, la sobriété savoureuse !
L’Avant d’après, c’est une entreprise dont la mission est de développer un mode de vie plus sobre en concevant des objets low tech.
Parmi ces objets et l’un des premiers sur lesquels il a travaillé, il y a la marmite norvégienne.
Très économe (50 à 90% d’économie de gaz ou d’électricité selon les recettes), c’est une invention très ancienne. Avant le Shabbat, elle permettait de cuire les aliments en conciliant ainsi repas chaud et interdiction religieuse de cuisiner.
Low tech, du mot à l’idée
L’un d’entre eux revient un jour avec ce mot low tech, en bon français basse technologie. Paul explore de fond en comble le site du low-tech lab. Une mine d’idées mais aussi et surtout, un sens, un vrai sens à ce métier d’ingénieur.
Face aux enjeux majeurs du dérèglement climatique et de l’effondrement de la biodiversité, un ingénieur a pour mission d’accompagner la sobriété. Et, ce que sait faire un ingénieur, c’est de donner des réponses très concrètes et quotidiennes à ces changements de vie.
Dès la fin de son contrat d’alternant, il se penche sur un modèle économique – qui n’est pas enseigné pour le low tech parce qu’il est encore balbutiant – et crée L’avant d’après.
La cuisinière sans feu
La marmite norvégienne est un dispositif de cuisson économe en énergie qui permet de préparer des plats mijotés ou des aliments qui nécessitent une cuisson lente.
La marmite norvégienne est composée d’un matériau isolant tel que de la laine de roche, de la mousse de polystyrène ou des serviettes épaisses pour envelopper la marmite chaude. L’isolation thermique permet de conserver la chaleur et de maintenir les aliments à une température élevée pendant une longue période.
Commencez par chauffer la nourriture dans une marmite en fonte jusqu’à ce qu’elle atteigne un point d’ébullition.
Une fois la nourriture préchauffée, placez-la dans la marmite norvégienne. Les aliments continueront à cuire lentement dans la chaleur emprisonnée et à température constante. Une cuisson douce pendant plusieurs heures sans chaleur externe ! Utilisez-la pour les plats mijotés, les soupes, les ragoûts et les céréales !
La marmite norvégienne porte ce nom probablement parce que le Norvégien qui a réussi à la faire breveter à la fin du XIXe siècle, était plus mariole que les autres !
En effet, ce mode de cuisson était employé dans les campagnes françaises depuis des siècles. La cocotte prévue pour le repas finissait sa cuisson sous l’édredon. En Scandinavie et en Europe centrale, la paille jouait le rôle d’isolant pour cuire sans feu, et nourrir la famille au retour des champs.
Autres objets du quotidien
Pour réduire sa consommation énergétique, à condition d’avoir de la place bien sûr, il n’y a pas que la marmite norvégienne. Ainsi Paul fabrique-t-il aussi des fours solaires et plus surprenant une table à smoothies, à base de vélo ! Parce que, ne perdons pas de vue que le low tech repose autant que possible sur la récup’ et le recyclage. La sobriété est autant dans la conception que dans la fabrication et l’utilisation.
Ce qui caractérise notre jeune ingénieur, c’est son envie de laisser courir son imagination.

Le partage et la transmission
Le partage et la transmission sont partie intégrante de la logique low tech. Ils sont aussi une partie du modèle économique que tente de mettre en place notre jeune ingénieur. Car, si vous pouvez, faute de capacités ou de temps, luis acheter un objet, vous pouvez aussi apprendre à le fabriquer via ses formations. S’approprier les techniques, être autonome dans sa capacité à réparer ou à renouveler, c’est possible.
Par ailleurs, Paul souhaite aussi accompagner des PME dans la conception de matériel professionnel low tech. Il a ainsi mis au point un tamis rotatif pour un paysagiste et un piège à frelon asiatique pour un apiculteur.
Une version venue d’Afrique du Sud
Le Wonderbag a été inventé pour permettre aux familles sud-africaines de continuer à cuisiner malgré les coupures d’électricité récurrentes.
Comme l’édredon, il retient la chaleur et prolonge la cuisson une fois parvenue à ébullition pendant 5 minutes.
Ce cuiseur lent est fabriqué à la main en Afrique du Sud. Il est esthétique, léger et transportable.
Wonderbag est une association sud-africaine à but non lucratif créée il y a 14 ans. Le Wonderbag est fabriqué à Tongaat, dans le KwaZulu-Natal, vendu aux Sud-Africains et exporté. D’autres sites de fabrication ont été ouverts en Afrique de l’Est, en Afrique de l’Ouest et en Turquie. Sa fondatrice, la Sud-Africaine Sarah Collins, a reçu en mai 2019 le prix de Femme de la décennie en entrepreneuriat au Forum économique mondial de New Delhi, en Inde. Sarah Collins a déclaré qu’elle avait pour objectif d’aider les femmes et les grands-mères des communautés rurales à accéder à une autonomie financière. Et ça marche !








