Faire circuler la matière, quelle bonne idée!

Micro Terra : faire circuler la matière
©Isabelle Vauconsant

Micro Terra était présent au Salon Biomim & Nature qui se se tenait au Parc Floral de Paris, les 11 et 12 juin derniers. Catherine Bouniol représentait cette entreprise née en 2014 d’un double constat : les sols agricoles sont très pauvres en matière organique ; les collectivités publiques ne savent que faire des déchets verts qu’on leur demande de collecter.

Entrée en matière

C’est la difficulté du monde agricole face au dérèglement climatique qui alerte Nicola Rapetti, ingénieur agronome, et Catherine Bouniol dès 2014. Les sols agricoles sont terriblement appauvris par une culture intensive et très chimique depuis des décennies. Par ailleurs, les collectivités publiques collectent des déchets végétaux issus tant des jardins de particuliers que des professionnels, estimés supérieurs à 25 millions de tonnes par an en France. Ce traitement en décharge ou en incinération a un coût important (+ ou – 60 € la tonne) et n’est d’aucune utilité pour les sols agricoles qui ont besoin de matière organique. “Micro Terra s’est donc donné comme mission d’être le chainon manquant.

Faire le lien

“Il n’existait pas de lien entre ce deux mondes, on a créé le maillon manquant entre ces deux mondes pour que les agriculteurs puissent bénéficier de cette ressource collectée par les collectivités.” Pour le moment Micro Terra est implanté dans l’est de l’Occitanie et PACA. L’entreprise ramène 25 000 tonnes de déchets verts dans les sols agricoles et travaille avec un réseau de 400 agriculteurs.

“Parce que le sol vivant et en bonne santé est la clé de voûte de la qualité de l’air, de l’eau et de l’alimentation, nous voulons rendre les territoires autonomes en produisant localement et de manière durable des matières organiques destinées à une agriculture respectueuse de l’environnement.” Catherine Bouniol et Nicola Rapetti – Co-fondateurs de MICROTERRA

50 kg de déchets verts brûlés émettent autant de particules fines qu’un trajet de 13 000 km en voiture diesel récente (Fredon)

Micro Terra : Catherine Bouniol
©Isabelle Vauconsant

Monter une filière

Micro Terra propose aussi des prestations de création de filière, d’études, de faisabilité, de valorisation des déchets verts. “Nous pouvons intervenir à peu près n’importe où parce que ça demande plus de la prestation intellectuelle que du terrain.”

Usine d'incinération des déchets - plutôt un retour ver les sols agricoles !
©daniel-gimbel - unsplash

Le brûlage des déchets verts est interdit, et pourtant !

Une fois, on a suivi un camion qui sortait d’une déchetterie où il avait collecté des déchets verts. Ces déchets sont censé être soit compostés, soit passer en méthanisation pour créer de l’énergie. Nous voulions voir où il partait. Nous n’avons pas été déçus : les déchets verts sont partis à l’incinération, ce qui est hors la loi. Et toute cette matière perdue, quel regret !

 

De l’idée à la terre

Voilà pourquoi une idée, très lowtech comme celle-ci, fonctionne bien. Pour les agriculteurs, tout est fait de sorte que ce soit le moins cher possible. Pour cela, celui qui produit le déchet finance la filière jusqu’à l’utilisateur. Le but principal est que cette matière fasse un vrai retour au sol et ait un effet impactant à grande échelle.

Bientôt le compostage

Micro Terra commence également à s’intéresser aux déchets organiques issus de nos cuisines. En effet, depuis début 2024, ils doivent être valorisés. Il n’existe que deux options : la méthanisation et le compostage particulier ou collectif. “Nous faisons partie  du réseau national Compost In Situ qui compte 14 structure locales“. Il s’agit d’associer les producteurs de biodéchets et les usages locaux en apport organique. “La volonté est que toutes ces matières organiques issues de la restauration et de nos tables retournent au sol sans passer par la case usine.”

Changement pour des sols agricoles vivants

Il a fallu convaincre les agriculteurs de modifier leurs pratiques. Ils avaient parfois l’impression qu’on leur demandait de revenir aux méthodes de leurs grands-parents, voire arrière grands-parents. Mais, ils ont vite trouvé leur intérêt. Et depuis, les chambres d’agriculture et les associations d’agriculteurs préconisent de travailler sur sol vivant.

Par ailleurs, si je compare à 2014, c’est beaucoup pus facile aujourd’hui, de trouver de la matière organique et des agriculteurs prêts à s’engager dans une démarche agroécologique.”

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