Arnaud Schneider, sculpteur & paysagiste

À Blacé, dans le département du Rhône, dans une jolie petite chapelle, un bruit de métal, de ponceuse se fait entendre. Arnaud Schneider crée des sculptures, parfois monumentales, dans son tout petit atelier de sculpteur.

Hortus Focus : Qui es-tu Arnaud Schneider ?

Je suis Arnaud Schneider et je suis devenu sculpteur de façon inévitable et inattendue. J’ai d’abord eu des formations aquacole, piscicole et horticole avant d’aller vers le paysage. Mais le métal m’attirait… comme un aimant et à 18 ans, j’ai forgé mon premier vase. Le végétal, le métal. Le métal, le végétal. Je payais chaque nouvelle pièce en métal avec la vente de la précédente. Je découvrais le végétal et le paysage et, tout autant, les formes architecturales et l’émotion qu’elles génèrent.

Sculpteur Arnaud Schneider
Dans la chapelle ©Isabelle Vauconsant
Sculpture du sculpteur Arnaud Schneider
©Arnaud Schneider

Ensuite, j’ai changé d’inspiration. Je suis allé vers le corps humain, les formes féminines. J’ai fait appel à des modèles dont j’ai dessiné les courbes. C’est l’élégance de ces formes que je cherche à traduire dans mes créations. Ce sont ces galbes qui me semblent entrer en résonance parfaite avec le jardin.

Vases végétaux par Arnaud Schneider
Vases végétaux par Arnaud Schneider

HF : Il t’a fallu concilier métal et végétal !

C’est exactement ça. Et c’est venu tout seul. Comme j’apprenais les plantes, j’ai naturellement créé un vase. Les premiers étaient inspirés de formes architecturales très classiques. Comme j’étais autodidacte, je devais apprendre les formes et les proportions. L’école classique est une merveille pour ça : j’ai observé les cathédrales, les monuments, les chapelles, tout ce dans quoi l’homme tente de se dépasser. Et dans ces formes, j’ai imaginé une place pour le vivant, pour les plantes. Et ces vases, je les ai créés pour le jardin, pour que leurs formes soient en harmonie avec la nature.

Le Galbe de Claire par Arnaud Schneider
Le Galbe de Claire par Arnaud Schneider
Vases végétaux par Arnaud Schneider
Vases végétaux par Arnaud Schneider

HF : Les plantes… pourquoi et comment ?

Les plantes étaient une évidence compte tenu de ma formation. Mais au-delà, ma préoccupation pour la planète n’est pas récente. Je suis convaincu depuis des années déjà de l’importance de réintroduire la nature dans les villes. Je sais à quel point la biodiversité est essentielle à la vie. Chacun apportant à la collectivité ses capacités, les miennes m’amenaient naturellement à créer des éléments dans lesquels faire vivre des plantes, et si possible des écosystèmes complets en utilisant un minimum de ressources.

Sculpture végétalisée du sculpteur Arnaud Schneider
©Isabelle Vauconsant
Sculpture végétalisée : arnaud Schneider
©Isabelle Vauconsant

Je travaille donc le plus possible avec du métal de récupération. Ça fait de moi un petit peu un ferrailleur aussi, du coup. Je n’achète que quand il n’y a pas d’autre solution. Dans ce métal, je crée des formes et dans ces formes j’installe des réservoirs d’eau, des colonnes à remplir de matière organique pour que le végétal s’y sente comme chez lui. Il s’y sent si bien que les oiseaux et les insectes viennent aussi. Et comme je façonne des sculptures très hautes, je propose aux villes des mètres carrés de végétation sur une base au sol très réduite.

HF : Es-tu sculpteur de métal au jardin comme à la maison ?

Cette préoccupation qui me pousse à la récupération ne concerne pas que mon travail. Je vis dans cette chapelle. C’était un rêve de gosse. Je voulais, depuis tout petit, vivre dans une chapelle. Je l’ai rénovée et je n’ai pas encore fini. Pour cela, je fais un maximum de récup et je crée mon univers en transformant cette matière délaissée en objets utiles et beaux. J’ai besoin de peu de choses et je les fabrique. C’est vrai que c’est plus facile quand on a la technique !

Arnaud Schneider a du talent et souvent de la chance. Son parcours est jalonné de belles rencontres et d’opportunités qu’il a toujours su saisir. Sans doute est-ce une clé du succès qui grandit.

HF : Comment cela a-t-il commencé ce métier de sculpteur ?

J’avais déjà façonné des vases. J’étais allé à Bormes-les-Mimosas pour une course de Solex®. En revenant, je me suis dit que si je pouvais faire tous ces kilomètres pour une course, je pouvais aussi emporter mes sculptures. Et puis, je connaissais des pépiniéristes et des horticulteurs. J’ai exposé à la fête des plantes rares de Bormes-les-Mimosas, puis dans d’autres fêtes locales.

Sculptures à Saint-jean de Beauregard 2021
Sculpture à Saint-jean de Beauregard 2021
Saint-Jean de Beauregard 2021 ©Isabelle Vauconsant

Ce qui fait toujours hésiter, c’est le côté financier. Car, ça coûte alors que ça ne rapporte rien. Mais j’ai tenté Paris.

Les premiers à m’avoir accordé leur confiance, c’est Jardins, Jardin aux Tuileries à Paris. Une fois que c’est parti, la route se poursuit. Je suis allé à Saint-Jean-de Beauregard et à Chantilly.

C’est fou !

As-tu des pièces que tu préfères ?

Je les aime toutes bien sûr puisque je ne fais que des pièces uniques qui font appel à toute mon énergie physique et mentale. Certaines ont été des jalons particulièrement importants. C’est le cas de “La Flèche” que j’ai forgée en hommage à Notre-Dame incendiée.

Pour celle-là, j’ai collaboré avec Colombe Lecoufle (Orchidées Vacherot et Lecoufle). Elle m’a fourni les orchidées blanches qui habillent la flèche et m’a conseillé sur leur installation.

Arnaud Schneider : atelier
Arnaud Schneider : atelier
La flèche : sculpteur : arnaud Schneider
"La Flèche", sculpture d'Arnaud Schneider
Arnaud Schneider : atelier
L'atelier d'Arnaud ©Dimitri Kalioris

Et puis, plus récemment, je suis particulièrement fier de celles qui a été exposée au Carrousel du Louvre lors que Salon du Patrimoine dont la thématique était “Patrimoine et Territoire”. C’était de toutes mes réalisations, celle qui mariait le plus végétal et métal.

Sa hauteur de 9 mètres et sa végétalisation complète faisaient d’elle une démonstration grandeur nature. Avec Alexandre Tramier, des Arômes du Grès, qui l’a transformée en un jardin vertical de simples, ça a été une collaboration merveilleuse. Nous avons obtenu un écosystème très riche sur une surface au sol tellement réduite !

On voit bien qu’en ville, ce type de sculptures vivantes pourrait avoir une place de choix dans le cadre d’une végétalisation accrue.

Sculpture et sculpteur
Arnaud Schneider
100% végétale, une sculture d'Arnaud Schneider
Arnaud Schneider et Alexandre Tramier

HF : As-tu des mécènes ?

Je crois pouvoir dire que oui depuis peu. Pierre Casoli, un entrepreneur installé tout près de chez moi, m’a acheté quelques sculptures. Il les a installées dans le parc de sa société pour ses collaborateurs. Et il vient de me retenir un billet d’avion pour que je crée une pièce monumentale à Philadelphie où il a une usine.

C’est un formidable tournant pour moi, une ouverture inespérée vers l’international. Je suis très enthousiaste.

Chez Pierre Castelli, les sculptures d'Arnaud Schneider
Chez Pierre Castelli, les sculptures d'Arnaud Schneider

La chance, ça s’attrape !

HF : tu as fait de belles rencontres ! ?

Oui, c’est vrai. Il y a eu Chantal Colleu-Dumont du domaine de Chaumont-sur-Loire. Elle m’a dit que j’étais inclassable, sculpteur, mais ni vraiment artisan d’art, ni complètement artiste et ça m’a encouragé à rester authentiquement moi. Et puis, à Jardins, jardin, aux Tuileries à Paris, on m’a dit : tu n’es ni hier ni demain. Tu es en plein dedans, vas-y fonce !

6 mois plus tard, j’étais au Louvre.

Et puis, il y a eu Chanel et Givenchy.

Chanel in progress
Logo Chanel

HF : Quelles plantes sont – à ton sens – les plus adaptées à tes sculptures ?

Il y a les aromatiques et les médicinales comme celles qu’on a placées au Louvre avec Alexandre Tramier. Elles sont belles, parfumées et comestibles. Mais on peut aussi choisir des plantes pas trop gourmandes en engrais organique, résistantes. Au centre, on peut placer un réservoir d’eau, mais aussi un tronc qui peut servir à conserver de l’humidité et la rendre aux plantes par capillarité. Si les plantes ont besoin d’eau, un léger arrosage automatique sera bienvenu.

Mais les plantes sont malignes, elles envoient leurs racines là où elles sentent qu’est l’eau.

Vases végétalisés par Arnaud Schneider
Vases végétalisés par Arnaud Schneider

Pensez aux aquatiques !

Elles consomment peu d’eau et sont résistantes à la chaleur. Elles constituent à elles seules un îlot de fraîcheur. Je crois fermement au développement des bassins et des plantes aquatiques.

Retrouvez Arnaud Schneider, sculpteur

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