Artistes au jardin à Quimper

Une énergie collective pour des projets artistiques hors des institutions culturelles à Quimper
Des artistes et des passionnés d’art s’engagent à faire vivre la culture à Quimper hors des sentiers battus. Les 18 et 19 mai 2024.

Par Pauline Lisowski

Suite à la fermeture du centre d’art le Quartier en 2016, l’association C.A.C.T.US “Centre d’Art Contemporain Très Utile et Simple” est née, avec pour mission d’offrir aux artistes de la région Finistère et d’ailleurs, la possibilité de pouvoir créer et exposer dans un esprit convivial. Chaque année, des habitants se portent volontaires pour ouvrir leur jardin à un artiste. Les œuvres s’inscrivent avec justesse dans un doux dialogue avec l’organisation de ce lieu de soin, de culture et d’éveil des sens.

Cette année, cinq artistes ont été invités à se prêter au jeu d’une relation entre leur travail artistique et l’esprit d’un jardin privé.

Sibylle Besançon

Sibylle Besançon utilise des techniques rudimentaires, regarde les détails des végétaux, leurs formes et leurs épaisseurs et « donne de l’épaisseur au minuscule ». Installées sur la façade du pavillon, ses œuvres dessinent des formes dans l’espace, s’apparentant à des ramifications.

Dans le jardin, ses sculptures révèlent les potentialités que permettent les éléments naturels, notamment la ronce que l’artiste utilise pour sa force et sa flexibilité. Certains végétaux sont aussi sublimés par l’utilisation d’autres matériaux tel que le bronze. D’autres sont liés, assemblés, composant un camaïeu de teintes naturelles.

Emmanuelle Briat

L’approche artistique d’Emmanuelle Briat révèle également sa curiosité pour le monde végétal avec lequel elle entretient un dialogue au fur et à mesure de son expérience de création dans les parcs, jardins et environnements dits « de nature ». De la rue jusqu’au jardin, des bambous dessinent des obliques, des lignes dynamiques qui créent un cheminement. Une toupie géante, crée par un assemblage de bambous selon la figure d’un dodécaèdre, prend appui sur un arbre.

L’artiste a souhaité faire écho à des détails ludiques observés dans le jardin. Cette sculpture incite à être manipulée avec douceur et rappelle des moments d’éveil et de spontanéité. Un fil à linge devient également un support à curiosités végétaux, tels des petits trésors recueillis, séchés au soleil et au vent.

Pierre-Alexandre Remy

Pierre-Alexandre Remy propose ses « sculptures de paysage » dans un jardin au dessin régulier. D’un déplacement, d’un cheminement en mémoire, l’artiste déroule une ligne fluide, un entrelacs ouvert composant un volume, entre mouvement et équilibre. Deux sculptures en métal d’un bleu profond répondent à des quartiers parcourus.

L’accès à une terrasse où sont exposées des maquettes d’œuvres, invitent à regarder le jardin de haut. De fait, les visiteurs sont engagés à prêter attention aux différents points de vue sur le jardin et à le parcourir en prenant le temps de laisser son regard s’arrêter sur des végétaux.

Léa Gavard

Les sculptures de Léa Gavard ont trouvé une place de choix dans un jardin en espaliers. La jeune artiste s’est intéressée aux clichés relatifs au jardin. La topographie du lieu lui a inspiré son installation. Des nains de jardin revisités en céramique semblent être les gardiens d’un lieu soigné par ses propriétaires.

Deux œuvres font écho à la présence des panneaux publicitaires considérés comme une pollution visuelle dans les jardins de ville. Son intervention, teintée d’un certain humour, résonne avec les pratiques populaires de décoration de jardins.

Guillaume Castel

Guillaume Castel installe son « herbier imaginaire » en prêtant attention au dessin du jardin, à son tracé, aux volumes et hauteurs des plantations : des présences organiques qui s’ajoutent aux arbres et massifs plantés. A partir de son observation des formes naturelles (graines, végétaux et algues), l’artiste crée des sculptures organiques dont les matériaux, tels l’acier corten et l’inox, dialoguent avec le lieu. Les couleurs choisies condensent celles des paysages qu’il a explorés.

Ses expériences au contact des éléments naturels à la fois sur terre et sous la mer l’amènent à traduire de manière spontanée la silhouette d’un végétal qui a attiré son attention. Ses œuvres occupent le jardin telles des présences enracinées et encore pleine de vie.

Favoriser la proximité

Ce projet artistique, organisé en « circuit-court » a la particularité d’amener l’art contemporain à proximité des gens. La qualité de ce parcours à travers les jardins nichés dans différents quartiers de la ville est le fruit des contributions joyeuses de chacun, autant des artistes que des bénévoles investis. Le temps d’un week-end, quimpérois, touristes et passionnés d’art peuvent accéder à ces lieux où résident êtres vivants humains et non-humains, habituellement à l’abri du regard. Artistes au jardin fédère des artistes entre eux et démystifie la figure de l’artiste. Celui-ci participe à la vie de quartier et s’ouvre à des rencontres inspirantes. Ainsi, ce rendez-vous printanier est à l’image des interactions qui caractérisent le monde végétal, une symbiose dont on peut prendre exemple.

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